Lc 10,1-12.17-20. Paix à cette maison

Publié le par père Jean-Luc Fabre

14e dimanche du temps ordinaire, année C

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

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"Paix à cette maison" : cette paix, un don précieux nous transforme, nous libère de tout ce qui nous enferme, nous donne les capacités à recevoir les autres, à entrer en communion avec les autres. Cette paix est au-delà de tout, elle est avant tout, il n’est besoin que de la recevoir.
Une ancienne amie de Sarajevo après bien d'années de guerre où elle était demeurée quasi-prisonnière dans le quartier "Grbavica", une des banlieues de Sarajevo ; la veille de la fin des hostilités où tous seraient enfin libres d’aller et venir, cette amie croate a eu le désir profond de traverser le pont frontière qui s'appelle "l’Amitié", et d’aller jusqu’aux rails du tram à quelques centaines de mètres pour les toucher, pour être ainsi reliée symboliquement jusqu’au centre ville de Sarajevo où elle n’avait pu se rendre depuis plusieurs années. Elle a su convaincre le soldat de la FORPRONU et réaliser son geste pleinement. Son désir était si fort qu’elle l’a exprimé, qu’elle a pu le rendre réel. C’est ainsi, je pense, qu’il faut percevoir la demande de Jésus envers ses disciples pour qu’ils annoncent la paix, que cette annonce vienne bien du plus profond d’eux-mêmes… dès lors ils sont au profond d’eux-mêmes, en ce point où naît en chacun le goût du Royaume, le goût de l’Autre, de la Vie véritable… rien ne tient devant cette vie, elle est contagieuse, elle renverse les obstacles… elle donne de parler à autrui, de le transformer lui aussi…
La paix est le nom de Jésus, son chiffre, elle peut aller contre tout et depuis la Résurrection du Seigneur s’imposer à tous… ne la restreignons jamais…
Cultivons cette paix en nous, nulle autre chose qu’à l’accueillir, et donc à vivre pleinement le temps présent qui ne cesse de venir à nous, toujours renouvelé, ... soyons ouvert à ce qui passe au moment présent..., goûtons cet instant présent…, allons dans la pauvreté d’une vie reçue…, soyons dans la béatitude de cette pauvreté…

père Jean-Luc Fabre
photo Latin Bridge - Merci à l'auteur de photo.