Lc 13, 1-9 Devenir acteur de sa vie, se convertir…3ème dimanche de Carême

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Luc 13, 1-9, année C (03 février 2013 - 03/02/13)

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?' Mais le vigneron lui répondit : 'Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. reconversion.jpg

« Pensez-vous » La vie comment la découvrons-nous ? Nous ne le savons pas mais que nous soyons très instruits ou ignorants, dans la durée, peu à peu, nous en arrivons à nous en faire une idée. Cette idée va alors, peu à peu, de plus en plus guider notre manière de recevoir la vie, en faire notre existence. Nous nous enfermons ainsi dans une précompréhension des choses… Dès lors, ce qui arrive n’arrive plus vraiment, pris dans l’attente a priori de notre être. Dès lors, tout peut devenir et devient spectacle pour nous, dans cette extériorité que nous avons construit. C’est bien la situation qu’affronte Jésus. Des personnes qui le somment de dire quelque chose de vrai dans un cadre pour eux déjà arrêté… A priori, sa parole est déjà disqualifiée par eux. Mais Jésus sait, de tout son être filial, qu’il apporte la nouveauté, il leur parle avec la force qu’elle implique.

« Eh bien non » Dans cette négation, une temporalité propre s’annonce, s’affirme. Jésus se pose comme principe de réponse. Il répond à ces hommes par la négative pour ouvrir une nouvelle manière de voir, de comprendre, d’agir. Pour cela, il ne se réfère à rien d’autres qu’à lui-même, il se donne donc comme principe à ses auditeurs. Il s’adresse de là au plein de la liberté de ses interlocuteurs, à la nôtre aussi. Il renvoie à la situation de chacun, à sa part de liberté. Il déclare que continuer comme ils le font, cela les conduira à leur perte. Il affirme leur capacité propre d’initier. 

« Et si vous » Jésus ne se substitue pas à nous, il se fait proche de nous, il nous portera, il nous donnera des signes fort, le plus fort sera celui de la manière dont il donnera sa vie sur la Croix. Il fait et fera preuve de bienveillance envers nous toujours. Il amendera notre sol, mais il respecte et respectera notre liberté, cette liberté qui est d’un si grand prix à ses yeux. C’est du fond de notre humanité, aidée par celle habitée pleinement par le Christ que nous pouvons renaître à notre être véritable, à notre capacité de répondre… Nous avons à reconnaître que nous sommes précédés, nous avons à reconnaître que nous pouvons répondre, nous avons à le faire en entrant dans un échange renouvelé avec Dieu, reconnaître qu’une parole nous est adressée par quelqu’un et sa lancer dans la réponse. Et pour cela à reconnaître d’abord les signes qui nous sont adressés, à ne pas les prendre comme des spectacles mais comme des appels adressés à notre liberté pour devenir… C’est pour cela que le Seigneur vient et qu’il s’adresse ainsi à nous avec force… La gangue que nous avons secrétée pour nous situer explose. Nous revenons à l’essentiel de notre être, nous ne nous prenons plus pour le centre premier de nos décisions. Une bonté nous précède à laquelle nous répondons. Notre réponse se risque alors à devenir totale. C’est avec Lui que nous vivons notre vie… Nous accédons au bonheur parfait de la conciliation de notre intérieur et de notre extérieur, nous vivons dans un corps plus large, qui nous respecte et que nous respectons…

père Jean-Luc Fabre

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