Lc 17, 11-19 Demeurer sur le chemin de la vie : louer !

Publié le par père Jean-Luc Fabre

  Mercredi 32e semaine du temps ordinaire

Luc 17, 11-19 Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »

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« Jésus, marchant » Jésus est en marche. Il ne cesse de s’ouvrir au nouveau, de recevoir la vie dans sa pleine précarité. Il va d’un lieu à l’autre, de la Galilée, celle des nations, à Jérusalem, en passant par la Samarie, qualifiée d’hérétique… Il est libre, éprouvant, à chaque occasion, la bonté du Père envers lui et tous les autres hommes. Il bénit, il rejoint les hommes dans leurs conditions, dans leurs villages… Il rencontre ainsi des lépreux qui viennent à lui. Il les renvoie sur leur chemin, vers l’autorité, comme lui-même va vers l’autorité de son peuple Jérusalem…

« En cours de route, ils furent purifiés » La guérison survient. Elle entraine des conséquences qui ne sont pas toutes heureuses : réintégration dans le corps du peuple, perte de cette vie d’errance, perte de la capacité de louer, de remercier, surgissement d’un statut… Là est peut-être l’enseignement le plus fort pour nous de cette page d’évangile. La vie pauvre, précaire nous amène à être pleinement ouverts, à faire l’expérience de la relation de la providence de Dieu, d’être dans la justesse de la Vie. Mais dès que nous retrouvons un certain confort, une certaine aisance, une certaine reconnaissance, nous risquons de nous enkyster. Nous acceptons d’être une part seulement, d’un grand système auquel nous abandonnons notre capacité d’exister… 

« Revenir pour rendre gloire à Dieu » Toutefois, l’un d’eux revient sur ses pas. Certes il est samaritain et non juif, le fait d’aller vers le prêtre lui est peut-être difficile. Mais surtout, un d’entre eux revient pour rendre gloire à Dieu. Ne nous y trompons pas. Là, dans la louange, réside pour nous la capacité de vivre cette pauvreté qui nous rend vivant, cette capacité d’ouverture à l’autre. Ignace ne cessait d’encourager à rendre grâce pour tous les bienfaits reçus. De cette manière subsistait ce juste rapport au réel. Cette inscription dans la foi qui nous donne d’être dans la vraie relation aux choses, que nous n’idolâtrons pas, et Dieu que nous pouvons justement révérer.

Demandons au Seigneur cette grâce de pouvoir aimer la pauvreté comme une mère, qui nous guide, pour recevoir plus pleinement la Vie, être dans la louange, l’action de grâce continue…

Père Jean-Luc Fabre

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