Lc 17, 26-35.37 La venue imprévisible du Fils de l'homme

Publié le par Jardinier de Dieu

Vendredi (32e semaine du temps ordinaire)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,26-35.37.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme.
On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr.
Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;
mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ;
cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière.
Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.
Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée.
Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. »
[…]
Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

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Pourquoi cet évangile sur l’avenir et sur la fin des temps ? La liturgie propose au cours de chaque année les différentes étapes qui mènent au salut définitif auquel le Seigneur veut nous conduire. Nous terminerons bientôt le cycle de cette histoire du salut. Aussi le présent passage de l’Évangile évoque d’une manière obscure le terme de notre histoire humaine, individuelle et collective.

Nous ne connaissons pas le futur et nous ne pouvons pas l’imaginer d’une manière précise. L'avenir est pour nous une énigme. Aussi Jésus ne nous en parle qu’avec des images vagues et obscures. Par ailleurs, l’avenir, parce qu’inconnu, peut nous faire peur. Le Christ, au contraire, veut nous rassurer, car la foi bannit toute fausse crainte.

Le Christ vient de dire à ses disciples que le “Jour du Fils de l’homme” surviendra avec la soudaineté de l’éclair. Il ajoute maintenant que ce moment sera si soudain que la vie, qui se déroulera normalement, comme aux temps de Noé et de Loth, ne permettra pas de le prévoir. Lorsqu’il surviendra, chacun devra être prêt à accueillir la venue du Fils de l’homme, cet événement décisif. Chercher à sauver ses biens ou essayer d’échapper à cette venue serait une erreur fatale. Recourir à de telles tentatives, ce serait courir à sa perte. En effet, cet événement sera tellement radical et définitif qu’il provoquera la séparation de deux personnes couchées dans le même lit ou de deux travailleurs dans les champs, selon leurs dispositions pour accueillir la venue du Fils de l’homme.

À la question des disciples sur le lieu de cet événement, la réponse de Jésus est aussi vague que celle qu’il offrait aux Pharisiens sur ce moment, “Quand le Règne arrivera-t-il?” (17,20) Jésus reprend en conclusion un proverbe, déjà cité par Job 39,30. L’endroit et le moment du jugement ne seront connus qu’après l’événement, et non pas avant, comme les vautours se rassemblent après avoir découvert les cadavres.

Le temps est court 

En évoquant le monde contemporain de Noé et celui de Loth, Jésus ne stigmatise pas la perversion des gens de ces deux époques dépravées. Que leur reproche-t-il donc? Jésus énumère les actions régulières de toute vie ordinaire. Pourtant tous ces gens périssent sous le jugement divin. Leur faute consista essentiellement à vivre immergée dans le moment présent, sans aucun souci de l’avenir. Ils n’ont pas prêté attention aux signes qui les avertissaient que la fin était proche.

Combien d’événements nous rappellent que notre existence terrestre ne se prolongera pas indéfiniment. Ces signes, maladies ou épreuves diverses, nous montrent notre fragilité et nous signalent que la fin peut survenir à tout instant, que nous sommes toujours proches de la frontière entre notre monde et l’au-delà. La routine quotidienne, une sorte de frénésie chez certains de vivre pleinement dans le présent, peut voiler notre vue et enlever toute préoccupation de l’avenir. Si on subit un accident ou si on pleure le décès d’un parent ou d’un ami, la tragédie nous secoue, mais on essaie d'oublier et la routine rythme de nouveau notre existence. On se dit inconsciemment: “Les accidents, c'est pour les autres.” Jésus nous engage à nous montrer responsables, avec une vue sur le terme de notre pèlerinage, mais sans aucune peur. La vigilance s’accorde bien avec la confiance de la foi.

Jean-Louis D’Aragon, s.j. http://www.villaloyola.com/fr/node/38

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