Lc 2, 15-20 Evangile de la messe de l’aurore du jour de Noël

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

25 décembre : Le mystère ne cesse de prendre chair, la bonne nouvelle se répand en nous tous, Alléluia !!! (2ème lecture de la messe)

Lc 2, 15-20  Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu'à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.

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Recevoir la bonne nouvelle, la bonne nouvelle de cette naissance, se l’approprier, se la faire sienne. L’Eglise nous propose de vivre cette étape, nécessaire pour chacun et pour le corps ecclésial en son entier, au lever du jour, à l’aurore. Ensuite viendra la messe du jour avec l’intelligence profonde de la signification de ces actes posés. Le principe se dira, « le Verbe s’est fait chair ». Mais avant cela, après le fait de la venue du Seigneur en notre histoire, en notre humanité, il y a ce mouvement d’appropriation par nous, les hommes. Nous retrouvons les bergers qui, allant à la crèche à partir de ce que les Anges leur ont dit, nous introduiront auprès de Marie et de Joseph en plus de Celui qu’ils sont venus adorer : l’Enfant Jésus. Reprenons pas à pas cette démarche, elle peut s’appliquer à nous aussi en notre vie actuelle. Elle a aussi sans conteste une saveur de disciples d’Emmaüs comme si Luc voulait nous montrer la grande proximité dans la naissance et la mort résurrection du Seigneur. Nous avons à nous approprier ce que le Seigneur donne. Nous aussi, nous faisons, comme les bergers, partis de la scène, tout indignes que nous soyons[i]. Agissons, demandons à Dieu son aide… Approprions-nous la scène… 

« Entre eux » Prenons bien en compte ce moment si important. Celui où après un événement je me retrouve seul, où je puis l’évaluer, le réfléchir par rapport au reste de ma vie et me mettre en mouvement en fonction de lui, de ce qu’il m’a apporté ou au contraire de ne rien en faire. C’est à ce moment, que se joue ma vie. Ma vie ne se joue jamais dans ce qui m’arrive, mais dans ce que j’en fais… Pour les bergers, la décision naît en eux dans le dialogue, c’est comme un discernement en commun… Nous y retrouvons l’attitude de la Vierge après l’Annonciation. Nous retrouvons l’attitude des deux pèlerins d’Emmaüs après que le Seigneur les ait quittés. Et nous aussi, en couple, entre amis, en famille, comment laissons-nous ce qui nous touche produire son effet ? Comment prenons-nous le temps de dire ce qui nous arrive, ce à quoi cela nous appelle ? De nous concerter avec des frères…

« Ils se hâtèrent » La décision est prise, elle est nettement prise et permet la mobilisation de l’être. Ils vont à la crèche non pas à petits pas mais rapidement, en hâte. Là aussi comme la Vierge qui va auprès de sa vieille cousine, comme les pèlerins d’Emmaüs qui rejoignent Jérusalem séance tenante… Signe de la force de l’Esprit qui nous anime. Lorsque je prends une décision, je puis aussi être attentif à la manière que j’ai de la mettre en œuvre… 

Et là aussi, comme pour Marie avec Elisabeth, comme les Pèlerins d’Emmaüs avec les disciples de Jérusalem, ils se retrouvent à dire ce qui leur est arrivé, ils partagent avec des frères… Et moi aussi, dans ma décision prise, mise en œuvre, est-ce qu’elle est l’occasion d’un échange avec d’autres, avec des frères ou bien est-elle solitaire, fermeture sur une volonté volontariste, sans autre avec qui partager…

« Les bergers repartirent » Là aussi, le temps coule, la rencontre qui a eu lieu ne peut durer indéfiniment. Il faut bien repartir, nous vivrons jusqu’au terme de notre vie, sous le régime de la foi… Aucun moment ne se clôt sur lui-même, ils sont appels à s’offrir à l’inconnu, à s’ouvrir au « jour tant attendu ». Marie quitte Elisabeth et rentre chez elle à la naissance de Jean Baptiste. Les disciples d’Emmaüs se fondent dans le groupe pris dans la louange commune… La louange est le lieu de repos d’où peut surgir le serviteur appelé par la croissance du corps… Une autre vie, à vrai dire, se met à exister, la vie du corps du Christ… La Vierge retient, médite, tisse, fait grandir. Plus tard elle confortera, maintiendra, soutiendra, autorisera… Comme pour nous en ce jour, en ce matin de Noël… ce corps ne cesse de grandir, de se relier, de s’ouvrir, de se renouveler… Noël ! Noël !

 

Messe de la veille au soir

celui qui t'a construite t'épousera.

ainsi tu seras la joie de ton Dieu

 

 

la visée

Messe du jour

Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.

 

La fondation

Messe de l'aurore

Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.

 

La réception, l’action

Messe de la nuit

elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car les faits, l’organisation à partir de quoi tout se passe…

Dynamique des Quatre messes de Noël

Père Jean-Luc Fabre

photo http://www.legranddefi.net/illustrations/defis/jesus-fils-de-dieu/11-53-une-bonne-nouvelle.png


[i] 114 1 Le premier point est de voir les personnes : voir Notre-Dame, Joseph, la servante, et l'Enfant-Jésus après qu'il est né, 2 me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles. Et réfléchir ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.110 1 LA DEUXIÈME CONTEMPLATION PORTE SUR LA NATIVITÉ Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola.