Lc 24, 46-53 Ascension du Seigneur, année C

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,46-53. En ce temps là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur disait : « Il fallait que s'accomplisse ce qui était annoncé par l'Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. » Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

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L’Ascension est un moment-clef de la vie de relation entre Jésus et ses disciples. L’Ascension, c’est ce moment unique où s’échangent les dernières paroles, moment à la fois empreint de tristesse (ce qui a été ne sera plus et cela est su) et de promesse (cette séparation est pour une vie nouvelle, en lien avec la précédente, par la parole donnée). Dans ce passage de Luc, aucune dimension affective, un propos objectif, rationnel. « Il fallait que… ». Pas une fatalité mais la proposition d’une finalité qui s’ouvre à chacun de nous, l’offre d’un sens large pour tous… être témoin, là où je me trouve de l’ensemble du sens de l’aventure humaine, un appel à ne pas se replier sur soi, sur son particulier, mais un appel à viser large, à viser l’universel qui m’est adressé et auquel je puis répondre en m’offrant… la promesse aussi  d’y être alors pleinement accueilli comme une personne, la promesse de la venue de l’Esprit qui m’aidera, me rejoindra, me donnera de pouvoir tenir cette place pour les autres, tous les autres, en y étant moi-même. Je suis pris dans une relation au mystère qui me fait vivre. J’accueille cette pauvreté radicale… où je fais l’expérience paradoxale, que je vis comme jamais je n’ai pu vivre auparavant…
 L’Ascension est, peut-être, l’occasion pour chacun de nous de (re)considérer tous ces moments où, dans ma vie, j’ai été amené à quitter ou à être quitté dans une promesse que j’avais à croire, tous ces moments où le sens de mon existence semblait toutefois vaciller, tous ces moments où j’étais si fragile… Ce départ n’a-t-il pas été l’occasion que se révèle une autre présence, une autre manière d’être en relation avec celui qui est parti, une relation plus spirituelle, où j’y suis plus moi-même si je m’offre… L’Ascension est peut-être l’occasion pour moi de faire mémoire, de dire du bien, de bénir… d’accueillir encore plus pleinement ce qui s’offre à moi depuis ce moment.

 Père Jean-Luc Fabre

 

  photo http://desfleurspourlame.blogspot.fr/2013/02/faire-du-bien-le-vrai-bonheur.html