Lc 3, 15-16.21-22 Baptême du Seigneur 2013

Publié le par père Jean-Luc

Dimanche 16 janvier 2013 (16/01/13)

Que nous soyons tous pauvres et en attente de Toi, ô Père !

Luc 3, 15-16.21-22 Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » Comme tout le peuple se faisait baptiser et queJésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »

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A la deuxième parole de la Vierge : "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours?", Bernadette est bouleversée. C'est la première fois qu'on lui dit "vous". Elle illustrera cette parole en disant: "Elle me regarde comme une personne regarde une autre personne". L'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, est une personne. Bernadette, se sentant ainsi respectée et aimée, fait l'expérience d'être elle- même une personne. Nous sommes tous dignes aux yeux de Dieu. Parce que chacun est aimé par Dieu.

Apparition de Notre Dame à Bernadette, Lourdes.

Comment adviennent vraiment les choses nouvelles ? Une piste de solution nous est offerte dans le passage de Luc sur le baptême du Seigneur…C’est lorsque tout le monde se met à attendre et laisse l’attente se creuser. Ici le peuple, Jean Baptiste lui-même et aussi Jésus attendent, chacun à sa manière… Alors le Mystère de Dieu, qui attend depuis l’origine, peut se manifester sous la forme délicate d’un oiseau qui vient virevolter et réconforter chacun. Un appel pour notre manière d’être en ce monde : l’ouvrir à sa vraie nature, non par des actions mais par la manifestation de notre attente amoureuse… une contemplation dans l’action.

« Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente » Nous savons bien que les hommes sont des êtres étranges, qu’ils vont et viennent entre eux, se passionnent, se désespèrent. Nous en sommes… Oui, les hommes ne cessent d’être en attente, et de chercher la réalisation de leur attente. L’attente renaît sans cesse, sans jamais réussir à tenir… Sinon la publicité aurait-elle la moindre force sur nous ? Les hommes sont comme la mer, elle monte, et elle redescend, elle s’agite furieusement mais reste à la même place, sans pouvoir donner forme véritable à ce qui la travaille. Sur la grève de l’histoire, nous recueillons les fruits culturels précieux de cette attente, signes adressés à notre propre attente, encouragement à habiter cette attitude… Mais…

« Mais il vient, celui qui est plus puissant que moi » Le peuple a éprouvé en Jean Baptiste quelqu’un capable de donner forme à son attente comme jamais, il est un grand prophète. Le peuple vient à lui dans sa pauvreté, il se rue vers lui, il cherche, devient nerveux, suspicieux, se demande si celui qui montre du doigt la lune, est-ce qu’il n’est pas celui que nous attendons pour nous conduire… Jean Baptiste est clair. Il est lui aussi de ce peuple, de cette pâte humaine qui vient. Il connaît cette attente sans savoir lui donner forme… Mais il tient son attente… il ne se donne pas la réponse… il accepte de n’être qu’une voix dans le désert, il accepte de se laisser évider par l’attente, tout au plus il imagine pauvrement celui qui vient. Il est forcément pour lui plus puissant que lui… Mais de quelle puissance parle-t-il, Jean Baptiste, de quel pouvoir ?

« Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi » Jésus est là, simplement, pauvrement, humainement. Jésus ne cherche pas une vie extraordinaire, il vit pleinement une vie d’homme, portée par le désir de conversion du Peuple, il se fait l’un de nous, il vit parfaitement ce retour à Dieu, son Père… Il se met en prière simplement. Il a posé le geste du retour du peuple auquel il appartient, en recevant le baptême du Baptiste, il l’approfondit… Et le Père reçoit la réponse humaine, qu’il attendait depuis toujours. Une liberté créée se tourne vers Lui de toute elle-même. Le Père la reconnaît, il lui répond, la Trinité lui répond. L’espace entre Dieu et l’homme est parcouru par un pont où, et l’homme et Dieu, peuvent aller à la rencontre l’un de l’autre : la sainte humanité du Verbe. Nous aussi nous pouvons parcourir ce pont, à la suite du Christ Jésus, tout simplement… en cherchant à Le connaître, en entreprenant de L’imiter, en s’abandonnant à sa manière, en Le laissant agir en nous… en contemplant son action.

Attente du Père comme engendrement du monde véritable qui répond à l’attente de Dieu envers nous

Attente en Prière du Fils fait homme, l’attitude véritable qui fait advenir

Attente en action de la part de Jean Baptiste Il vient Celui qui…

Attente travaille le peuple qui se cherche

Le carré de l’attente : Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente

père Jean-Luc

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