Partager l'article ! Lc 5,1-11 Avance au large: Les lectures de la messe (5ème dimanche du temps ordinaire 7/2/2010 année C) Evangile de Jésus-Christ selon ...
Qu'ils soient un ... afin que le monde croie !
« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! », disait l’Apôtre Paul (1 Co 9, 16). Cette parole résonne avec force pour
tout chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les Continents. Même pour les Eglises se trouvant dans les territoires de mission, Eglises pour la plupart jeunes, souvent de fondation
récente, le caractère missionnaire est devenu une dimension naturelle même si elles-mêmes ont encore besoin de missionnaires. De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du
monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le Nom du Christ grâce auquel
l’humanité trouve le Salut. Il s’agit d’une expression de profonde communion, de partage et de charité entre les Eglises afin que tout homme puisse écouter ou réécouter l’annonce qui guérit et
s’approcher des Sacrements, source de la vraie vie. (Benoit XVI)
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Une parole vient percuter Pierre, une parole qui fait suite à une mise en condition, Jésus est dans sa barque, s’adressant à la foule sur le rivage, Pierre est là, à côté, de dos ( ?) pour assurer la stabilité de l’embarcation, il entend le discours mais il capte aussi la voix, la dimension corporelle de Jésus qui s’adresse à la foule, il est proche physiquement de lui, parlant… Il est d’une certaine manière dans son intimité, il perçoit l’effort corporel de s’adresser à une foule… La Parole, dans sa dimension charnelle vient à lui, le rejoint à son poste de travail, dans son quotidien et touche son désir, le désir de chacun de nous, « va au large », avance au-delà de tes sécurités, habitudes, certitudes « Va au large et jette tes filets ». Il y a tant de possibles non explorés, tant d’attentes en moi enfouies… Partir, aller ailleurs, découvrir…
Pierre répond : il va faire sur l’ordre de Jésus. Il fait confiance à l’injonction car elle est nourrie par la relation. Elle l’appelle à se vouloir, à créer du neuf, à honorer ses capacités humaines. Etre en mouvement soi-même dans et par la relation avec un autre, savoir que ce que je fais en réponse à l’autre, va avoir un impact sur l’autre, que l’action donnera de parler encore avec l’autre, une action qui est l’engagement d’une relation… la poursuite renouvelée d’une intimité… je ne travaille plus sans raison, sans attente, juste pour survivre, une parole m’a été donnée, je ne suis plus seul dans mon labeur… Je mets mes talents au service d’un projet, d’une ambition partagée.
Les bras sentent les poissons qui grouillent dans les filets, les muscles se tendent pour les ramener dans la barque, le coup de rein permet de faire tomber dans la barque la multitude capturée, la parole a été efficace, ce qui devait se produire, s’est produit… Il y a ce fait extraordinaire, fait qui s’est produit, suite à une parole donnée, un discours entendu… Cet homme, qui est-il ? J’éprouve à la fois, attirance et effroi… il touche au plus profond en moi, il me rend libre, désirant, pauvre, disponible… Pierre, se jetant aux pieds de Jésus, lui dit « éloigne-toi de moi, pécheur ».
Là, dans cette prostration, une autre parole me rejoint encore plus intime, plus profonde, plus totale… Elle me propose de le suivre, de devenir, de continuer l’aventure commencée par la réception de sa parole… je lâche mes filets, je quitte, je vais…
Père Jean-luc Fabre