Lc 7, 11-17 Jésus rend la vie au fils de la veuve de Naïm

Publié le par père Jean-Luc Fabre

10e Dimanche du temps ordinaire

Accueillir l’événement, pour soi, pour les autres… prendre figure. 

 

Luc 7, 11-17 Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une grande foule.  Il arriva près de la porte de la ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; c'était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »  Il s'avança et toucha la civière ; les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

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« Une grande foule » Le Seigneur Jésus avance, avance et avance encore, dans sa vie, dans ses relations avec son peuple, ses disciples… Les situations ne cessent de succéder, de venir à lui. A travers elles, se manifeste quelque chose de son être, de sa vocation, de la nouveauté qu’il apporte. Jésus est, à chaque fois, comme tiré de lui-même. Aujourd’hui, à Naïm, Jésus est avec beaucoup de personnes, qui le suivent pour voir, voir ce qui va se passer. C’est sur ce fond de toile que nous le voyons rencontrer cette veuve d’un fils unique. Jésus s’ouvre à cette situation limite. Mais cette fois-ci, que faire de plus que de s’effacer ? Que de manifester du respect envers ceux qui sont frappés par l’irréparable ?… Jésus éprouve de la pitié pour cette femme. N’est-elle pas loin de la situation que Marie sa propre mère va devoir vivre ? Elle révèle la dimension en toute situation qui nous paralyse tous, qui rompt notre capacité d’action, qui nous rend inertes, spectateurs. La Mort. Nous pressentons que quelque chose doit se passer ou rien de la nouveauté de Jésus n’est vrai.

 

« Une foule considérable » une foule rencontre une autre foule, deux événements portent ces deux foules, celle de l’avancée de Jésus qui tangente l’impossible, et celle d’une mort terrible, une veuve enterre son fils unique, lieu du déracinement total de toute espérance, en ce pauvre corps sanglotant qui a rompu toutes ses attaches, plus que seule... La relation entre les deux situations celle de Jésus en marche, celle de la veuve, va se faire par la pitié qu’éprouve le Seigneur. Jésus est présent à sa vie, ouvert à ce qui lui advient, il n’esquive pas, il ressent. Jésus se manifeste alors comme agissant, s’adressant, contenant, unifiant. La première chose qu’il demande à la mère, ne pas pleurer, ne pas se laisser submerger, ne pas se laisser enfoncer dans la détresse, le néant, le vide. Jésus se maintient ouvert, il maintient ouvert les autres…Jésus apporte un ordre qui s’impose à lui, à elle, aux autres, il commande aussi aux porteurs et enfin au jeune homme même. « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. »  Le mort se redresse. 

 

« Son peuple » Le mort est rendu à la vie présente, rendu à sa mère, c’est un grand signe, mais qu’un signe de ce qui doit venir, le signe ne dépasse pas le monde présent, il ne le peut. Signe que la mort peut être traversée, qu’elle doit être traversée, dépassée… Mais Jésus doit, en sa pleine humanité, passer le premier, Marie doit connaître l’épreuve de cette traversée elle aussi, pour pouvoir porter les nôtres. Mais ce signe produit déjà quelque chose. L’action ainsi posée unifie les deux foules, en un peuple, une bonne nouvelle se répand encore plus loin, « dans toute la Judée et dans les pays voisins ». Cette rencontre a, déjà, une saveur de pentecôte, une saveur d’universel. La mort recule. Des signes, comparables à celui-ci, nous pouvons nous-mêmes en poser avec l’aide de l’Esprit du Seigneur, en nos vies, nous le devons. Nous devons d’abord refuser la peur en nous, ne pas cesser de voir, ne pas cesser d’être en relations, parlant, désirant. Que le Seigneur bénisse nos propres chemins ! Ne réduisons pas le possible en chacune de nos vies.

père Jean-Luc Fabre