Lc 7, 31-35 Le Silence a aussi son mot à dire ...

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Mercredi (24ème semaine du temps ordinaire)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,31-35.

Jésus disait à la foule : " A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? A qui ressemblent-ils?

Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s'interpellent entre eux : 'Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n'avez pas pleuré. '

Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : 'C'est un possédé ! '

Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. '

Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

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« Assis sur la place » Une place de village, le lieu d’un paraître, d’une mise en scène, qui n’a pas de vraie consistance, les choses peuvent aller et venir, nous sommes conduits à une attitude de spectateurs, cela va nous faire ou non plaisir, nous allons juger comme cela, et nous allons faire preuve de versatilité, il faudra nous plaire sinon nous serons « follement cruels »… Attitude du temps de Jésus et combien aussi  attitudes de notre société marchande qui ne cesse de lancer de nouveaux produits…

« Mais la sagesse de Dieu », devant cette masse de superficialité, une vague qui vient de la mer profonde s’échoue, la sagesse de Dieu, elle vient de loin, elle apporte une profondeur, une épaisseur, elle roule sur les galets, la plage, elle meurt et elle se retire et elle revient encore, un rythme revient, un air de famille dans la diversité me touche, l’espace se remet à vivre pour moi, j’entends une vie plus profonde que les simples jeux de mots échangés avec les autres, je sens que ma vie n’est pas qu’un jeu… Je me mets à écouter les uns et les autres, je réalise qu’ils ne parlent pas que pour faire du spectacle, il me parle d’ailleurs, il me parle d’Un Autre, ils font silence en moi…

« Auprès de tous ses enfants » Je me retrouve moi aussi comme Jean, comme Jésus, comme beaucoup d’autres à écouter pour moi cette sagesse, à la laisser parler, je m’ajuste à elle, j’entre en solitude, avec elle je vis, avec elle je chemine, et je me mets à parler, à donner forme à ce qu’elle fait en moi, à ce qu’elle révèle en moi… Marcher avec toi sur la terre des vivants !

père Jean-Luc Fabre