Lc 9, 18-22 Pour vous, qui suis-je ?

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Vendredi, 25e semaine du temps ordinaire

Luc 9, 18-22 En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Ils répondirent : «  Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie  et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. » Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne, et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

***

Quand s’arrête donc un dialogue ? Quand se termine une rencontre ? Lorsque le premier interlocuteur arrive à ce que le second lui réponde ou bien est-ce lorsque le premier peut s’exprimer à nouveau, à partir de l’échange qui a pu s’établir entre eux deux et, par-là, qu’il puisse s’exprimer plus avant… Nous voyons dans ce passage où Pierre confesse Jésus comme Christ que la fin n’a pas lieu avec cette confession mais qu’elle se donne lorsque le Christ peut se révéler et se dire pour ce qu’il est appelé à être : un Christ humilié, un Christ souffrant…

 

« Au dire des foules, qui suis-je ? » Comment aider quelqu’un à se situer ? Peut-être pas en lui posant la question directement, mais en lui donnant la possibilité d’épouser plusieurs autres réponses même si ces dernières ne lui conviennent pas. A travers cela, un chemin personnel peut se tracer. Mais notons que le Christ, quant à lui, s’offre à la question : « qui suis-je ? ». Il se donne à voir, à contempler. Il donne aux disciples de lui dire ce que d’autres disent sur lui. Il se livre ainsi déjà aux hommes…

 

« Et vous, que dites-vous ? » Une dynamique s’instaure. La multitude des réponses autorise une prise de risque. Jésus continue à soutenir, à escorter ses disciples, en s’adressant maintenant directement à eux. Il leur donne de pouvoir s’exprimer par rapport à celui qui les a entrainés sur son chemin. Il leur donne de pouvoir être avec lui dans la parole. Il leur donne de pouvoir être libres, de pouvoir se situer par rapport à lui, par rapport aux autres au sein du groupe mais aussi par rapport à ceux extérieurs au groupe, aux autorités…

 

« Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne, et déclara ». Le Seigneur est libre, lui aussi. Il reçoit la parole des uns et des autres. Il reçoit la parole des disciples, comme il a reçu les autres paroles des autres personnes, les gens favorables et ceux qui lui sont hostiles. Et lui-même dit ce qu’il a à dire. Il parle avec un mélange de conviction et aussi de saisissement. Le Seigneur va librement à sa passion. Il y va avec tout son cœur, cela lui coûte mais il y consent. C’est le chemin que la situation lui trace pour manifester la réalité profonde de l’humanité. Son « oui » en cette situation va retourner la situation entière.  Permettre à la vie véritable de pouvoir rejoindre toute chair, toute situation… Cela lui appartient en propre.

Père Jean-Luc Fabre

[Source image http://static.skynetblogs.be/media/157121/dyn008_original_600_802_pjpeg_2586341_03fde34c275d1111ab19175ad8d0b91c.jpg]