Le Christ, fondement ultime

Publié le par Jardinier de Dieu

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Le monde actuel apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire. Le chemin qui s'ouvre devant lui est celui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. En outre, l'homme découvre qu'il lui appartient de bien diriger les forces qu'il a mises en mouvement et qui peuvent l'écraser ou le servir. C'est pourquoi il s'interroge.

En vérité, les déséquilibres dont souffre le monde actuel sont liés à un déséquilibre plus fondamental, qui a sa racine dans le cœur même de l'homme. C'est en l'homme lui-même, en effet, que de nombreux éléments se combattent. D'une part, comme créature, il fait l'expérience de ses multiples limites ; d'autre part, il se sent illimité dans ses désirs et appelé à une vie supérieure. Sollicité par tant d'appels, il est sans cesse contraint de choisir entre eux et d'en abandonner quelques-uns. En outre, faible et pécheur, il accomplit souvent ce qu'il ne veut pas et n'accomplit point ce qu'il voudrait. C'est donc en lui-même qu'il souffre division, et c'est de là que naissent au sein de la société des discordes si nombreuses et si profondes.

Certes, beaucoup d'hommes dont la vie est imprégnée de matérialisme pratique, sont détournés par là d'une claire perception de cette situation dramatique; ou bien, accablés par la misère, ils sont dans l'impossibilité d'y prêter attention. Un grand nombre d'entre eux pensent trouver leur tranquillité dans les multiples explications du monde qui leur sont proposées. Certains attendent du seul effort de l'homme la libération véritable et complète du genre humain; ils se persuadent que le règne futur de l'homme sur la terre comblera tous les vœux de son cœur. Beaucoup, désespérant du sens de la vie, exaltent les audacieux qui, jugeant l'existence humaine dénuée par elle-même de toute signification, tentent de lui donner, par leur seule inspiration, tout son sens.

Néanmoins, devant l'évolution présente du monde, de plus en plus d'hommes et de femmes se posent les questions les plus fondamentales, ou les perçoivent avec une acuité nouvelle. Qu'est-ce que l'homme ? Que signifient la souffrance, le mal, la mort, qui subsistent malgré tant de progrès? À quoi bon ces victoires payées d'un si grand prix? Qu'est-ce que l'homme peut apporter à la société? Que peut-il attendre d'elle? Qu'arrivera-t-il après cette vie terrestre?

L'Église, quant à elle, croit que par son Esprit, le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l'homme lumières et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu'il n'est pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés. Elle croit aussi que l'on trouve la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine en son Maître et Seigneur. Elle affirme en outre qu'à travers tous les changements bien des choses demeurent qui ont leur fondement ultime dans le Christ, le même hier, aujourd'hui et à jamais.

Constitution pastorale « l'Eglise dans le monde de ce temps » ou Gaudium et Spes, n° 9-10 (1965)

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Publié dans Concile Vat II