Le discernement à l'école de saint Ignace

Publié le par Jardinier de Dieu

Vous est-il arrivé, par une belle et chaude nuit d'été à la campagne, d'être émerveillé par les bruits et les senteurs ? Ensuite, habité par toutes ces perceptions et aidé par le clair de lune, avez-vous tenté de distinguer, d'identifier une présence dans l'ombre, ou de reconnaître les bruits, dans le lointain ? C'est d'abord cela, discerner : percevoir corporellement la vie qui se donne.

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De multiples sens

 Mais le terme porte avec lui bien d'autres sens, à partir de cette signification première. Discerner, indique le dictionnaire, c'est aussi se rendre compte de la nature ou de la valeur de quelque chose, démêler le vrai d'avec le faux. Le discernement a donc une dimension morale, éthique : peser, soupeser les éléments qui sont à notre disposition, pour nous repérer et porter un jugement, sur ce qui nous arrive ou face aux choix devant lesquels nous sommes placés. Le discernement a ainsi partie liée avec la décision.

 Une intuition du bien

En fréquentant les Écritures Thomas d'Aquin affirme qu'en chacun de nous, la conscience a l'intuition de ce qui est bien, de ce qui est bon. Mais ce mouvement premier peut être perverti, aussi la formation du jugement moral est-elle essentielle. Cela requiert du temps, les parents et les éducateurs le savent, pour qu'un enfant, un jeune, juge bien des choses, des événements et des personnes, sans se laisser emporter par ce qu'il ressent ou par les passions qui l'agitent.

 Une conscience "éclairée"

 L'Église, par son enseignement adossé à la Parole de Dieu, aide à ce que notre conscience en soit éclairée. Et le Décalogue (Exode 20) délimite le chemin de la vie telle que Dieu la souhaite pour tous les humains. Le père Paul Beauchamp avait naguère intitulé un recueil d'articles donnés à "Croire aujourd'hui":

D'une montagne à l'autre, la Loi de Dieu (Seuil, 1999) : du Sinaï au mont des Béatitudes, de Moïse à Jésus, c'est le même Seigneur qui fait sortir son peuple de la maison de servitude et l'appelle au bonheur. Dieu bénit Salomon qui demande le don du discernement (1 Rois 3) et Jésus lui-même (en Luc 12, 54-57) n'invite-t-il pas avec vigueur ceux qui l'écoutent à discerner le temps dans lequel ils sont et à juger par eux-mêmes de ce qui est bon ? La fréquentation des Écritures, la contemplation assidue de la vie de Jésus nous permettent de faire progressivement nôtres les choix du Christ, « folie pour le monde et sagesse de Dieu », et d'adopter progressivement sa manière de voir, de sentir, de juger, d'agir. Ce qui nous aidera à aimer davantage.

 Se décider "pour" Dieu

 Aussi le discernement est-il fondamentalement spirituel. Car, dans la vie chrétienne, décider ne va pas sans se décider pour Dieu. La tradition spirituelle nous apprend qu'on ne choisit pas entre le bien et le mal : on combat ce qui est mal ! Le discernement, à proprement parler, porte sur ce qui est bon : entre deux choses, deux solutions également bonnes (et reconnues telles par l'Église), nous avons à percevoir ce qui nous aidera à aimer davantage, à marquer une préférence pour Dieu.

Ignace de Loyola a encouragé avec force à chercher et trouver Dieu en tout, en apprenant à faire la douce volonté de Dieu. Il avait foi dans la boussole de la joie, signature de l'Esprit en nous, pour comprendre et choisir la vie. Au quotidien, mais aussi dans les grands choix.

Pouvoir parler à d'autres, dans l'Église, et être accompagné est alors essentiel pour vérifier que ce ne sont pas « l'amour-propre, la volonté propre, ou les intérêts propres » (Exercices spirituels) qui nous font agir, mais bien une préférence amoureuse pour le Seigneur de nos existences.
 

Source http://www.croire.com/Themes/Ecole-de-priere/Discernement/Le-discernement-a-l-ecole-de-saint-Ignace

photo http://archive.choix-realite.org/doc/images/upload/189.jpg

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