Le droit à la liberté religieuse

Publié le par Père Jean-Luc

C’est la dignité de la personne humaine qui fonde le droit à la liberté religieuse.

 

Le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil. (La liberté religieuse n°2 DIGNITATIS HUMANAE)

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Cette déclaration est un lieu de discorde profonde avec les intégristes. La manière dont Benoît XVI en a parlé au terme de sa première année de pontificat [cf. extrait infra] situe bien la manière de l’entendre. Allons au cœur de notre foi, le Seigneur nous appelle à croire au plus profond de notre liberté personnelle, cette capacité personnelle de réponse est ce qui fonde notre inaltérable dignité à tous. Elle a donc logiquement des implications sur l’organisation de la société dans le monde entier... Remarquons que cette parole de vérité est consciente aussi de son énonciation dans un cadre socio-politique évolutif et de ce que cela implique. Mais elle sait d’où elle s’origine : du dépôt de la foi reçue du Christ. Elle s’adapte par amour de tous, par fidélité au Seigneur au cours des âges. Sachons entendre pleinement ce que l’Eglise nous dit, celle d’hier, celle d’aujourd’hui...

 

« Si la liberté de religion est considérée comme une expression de l'incapacité de l'homme à trouver la vérité, et par conséquent, devient une exaltation du relativisme alors, de nécessité sociale et historique, celle-ci est élevée de façon impropre au niveau métaphysique et elle est ainsi privée de son véritable sens, avec pour conséquence de ne pas pouvoir être acceptée par celui qui croit que l'homme est capable de connaître la vérité de Dieu, et, sur la base de la dignité intérieure de la vérité, est lié à cette connaissance. Il est, en revanche, totalement différent de considérer la liberté de religion comme une nécessité découlant de la coexistence humaine, et même comme une conséquence intrinsèque de la vérité qui ne peut être imposée de l'extérieur, mais qui doit être adoptée par l'homme uniquement à travers le processus de la conviction.


Le Concile Vatican II, reconnaissant et faisant sien à travers le Décret sur la liberté religieuse un principe essentiel de l'Etat moderne, a repris à nouveau le patrimoine plus profond de l'Eglise. Celle-ci peut être consciente de se trouver ainsi en pleine syntonie avec l'enseignement de Jésus lui-même (cf. Mt 22, 21), comme également avec l'Eglise des martyrs, avec les martyrs de tous les temps. L'Eglise antique, de façon naturelle, a prié pour les empereurs et pour les responsables politiques, en considérant cela comme son devoir (cf. 1 Tm 2, 2); mais, tandis qu'elle priait pour les empereurs, elle a en revanche refusé de les adorer, et, à travers cela, a rejeté clairement la religion d'Etat. Les martyrs de l'Eglise primitive sont morts pour leur foi dans le Dieu qui s'était révélé en Jésus Christ, et précisément ainsi, sont morts également pour la liberté de conscience et pour la liberté de professer sa foi, - une profession qui ne peut être imposée par aucun Etat, mais qui ne peut en revanche être adoptée que par la grâce de Dieu, dans la liberté de la conscience.

Une Eglise missionnaire, qui sait qu'elle doit annoncer son message à tous les peuples, doit nécessairement s'engager au service de la liberté de la foi. Elle veut transmettre le don de la vérité qui existe pour tous, et assure dans le même temps aux peuples et à leurs gouvernements qu'elle ne veut pas détruire leur identité et leurs cultures, mais qu'elle leur apporte au contraire une réponse que, au fond d'eux, ils attendent, - une réponse avec laquelle la multiplicité des cultures ne se perd pas, mais avec laquelle croît au contraire l'unité entre les hommes, et ainsi, la paix entre les peuples également. »


BENOÎT XVI DISCOURS À LA CURIE ROMAINE À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION DES VŒUX DE NOËL Jeudi 22 décembre 2005

Merci à JL pour cette photo

Publié dans Concile Vat II