Le lundi de la Pentecôte : une terre à faire fructifier

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Amour que nous pouvons contribuer à incarner là où nous sommes...

Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte, tu sanctifies ton Église chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons du Saint-Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique.

Une terre à faire fructifier...

Nous sommes le lundi de la Pentecôte, un jour ordinaire, l’étole devient verte, mais nous pouvons, en ce lendemain de fête, entendre avec fruit l’oraison de la Pentecôte. La Pentecôte est une charnière qui nous conduit du temps pascal au temps ordinaire. Déjà les lectures nous orientaient vers trois directions à mettre en œuvre dans le quotidien de nos vies : la vie de l’Eglise avec les Actes, notre croissance humaine personnelle selon l’Esprit dans la lecture de l’épitre aux Galates, l’entrée dans une connaissance mystique de Dieu en son être dans l’Evangile de Jean...

L’Aujourd’hui de Dieu est un jour sans fin, le Seigneur ne cesse de sanctifier, de faire vivre en accord avec Lui, le peuple des croyants dans toute sa diversité, dans toute son étendue... Et Il le fait sur toute la surface de la terre, son Esprit est à l’œuvre dans tout l’univers. Mais comme nous l’a déjà dit Maurice Zundel son œuvre passe par son action dans le cœur des croyants. « L'histoire du monde est une histoire à deux. C'est une histoire d'amour, une histoire que Dieu ne peut accomplir à lui tout seul, car Dieu est esprit, il est intimité, il est amour. Il n'a pas prise sur autre chose que l'esprit, sur autre chose que l'amour. C'est pourquoi la charnière de l'univers, la charnière de l'acte créateur, c'est la pensée, c'est le cœur, c'est l'amour de la créature intelligente et libre. C'est à travers elle que se communique l'élan créateur et, si la créature intelligente et libre fait défaut, si elle s'absente, si elle se refuse, c'est la création toute entière qui avarie, qui échoue, qui devient une dé-création (i). »

Le chemin pour nous est de chercher à incarner, à rendre concret là où nous sommes cet amour de Dieu. L’œuvre d’Amour dont parle l’oraison s’est réalisé dans la croissance du Fils de Dieu Incarné dont nous avons suivi le développement jusqu’à sa disparition à l’Ascension... Cette même incarnation prend lieu là où nous sommes. Mais dans l’action que nous menons, nous sommes aidés, soutenus par l’action de l’Esprit du Christ qui vient soutenir notre liberté, tout notre être, pour que l’Amour puisse là où nous sommes, à travers notre action s’incarner.

J’aime cette représentation graphique des sept dons de l’Esprit, elle manifeste combien nous pouvons bénéficier de supports, d’étais croissants pour avancer, ils se répondent deux par deux, l’esprit de crainte et celui de piété qui nous donnent de savoir considérer le Seigneur, puis l’esprit de conseil et celui de force nous aident à nous mettre en mouvement, à agir vers Lui et enfin l’esprit de science et d’intelligence illuminent notre être pour nous rendre plus intérieurement disponibles et c’est dans cette disponibilité lorsqu’une consistance de notre être s’est établie que l’Esprit de Sagesse nous ouvre à la « charité discernante », celle qui nous donne  de fleurir pour Dieu vers nos frères dans la situation présente comme elle est...

Père Jean-Luc Fabre

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http://www.la-croix.com/Religion/Approfondir/Spiritualite/Les-dons-du-Saint-Esprit-_NP_-2011-06-10-627673

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(i) Maurice ZUNDEL Accepter d’être origine in Revue des Carmes Bruxelles - Avr/Juin 1962 III° année - N° 11

Publié dans oraison