Le pardon dans un couple

Publié le par Anonyme,traduit par Thuy-Diep

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On ne peut jamais être heureux si l'on ne sait pas pardonner. Comme illustration, je vais vous raconter l'histoire de ma vie.

Ma femme et moi, nous nous sommes rencontrés à l'université. Passionnément amoureux l'un de l'autre, nous nous sommes mariés après avoir fini nos études supérieures en génie civil. Un an plus tard, notre fille a vu le jour.

Embauchés comme ingénieurs civils dans deux sociétés différentes, nous étions souvent absents de la maison pour faire le suivi des travaux sur le terrain. Notre fille devait rester souvent chez ses grands-parents pendant des mois sans nous voir. Les rares moments passés ensemble en famille nous étaient donc très précieux.

Pendant les périodes d'éloignement, malgré de nombreuses tentations, j'essayais toujours de rester digne de l'amour et la confiance de ma femme. Cependant, ma femme n'a pas pu résister. Un jour, elle a succombé aux avances réitérées d'un promoteur et est devenue sa maîtresse. Des rumeurs couraient sur sa conduite mais je la défendais toujours, croyant en son innocence.

Un jour, mon frère est venu me voir et a pu me convaincre d'aller avec lui à la ville où ma femme travaillait. Nous l'avons prise en flagrant délit dans une chambre d'hôtel avec le promoteur. Honteuse, ma femme m'a demandé de lui pardonner. Mais tout a tourné autour de moi et d'un seul coup, l'amour que je lui avais voué s'est écroulé. J'ai décidé de divorcer. Après quelques tentatives de réconciliation sans résultat, le tribunal nous a accordé le divorce, le droit de garde de ma fille étant attribué à sa mère.

Ce jour-là, j'étais en train de prendre le petit déjeuner avec ma fille. Entendant le bruit de la voiture de sa mère, ma fille s'est précipitée à la porte, en battant des mains - des mains toutes petites - et avec son plus beau sourire, elle s'est écriée : "Youpi, maman est rentrée, maman est rentrée!" Avant, je me lançais aussi tout de suite au dehors pour accueillir ma femme, prenant son sac pour qu'elle puisse prendre notre fille dans ses bras. Mais à ce moment-là, je l'ai regardée de manière indifférente et laissé la petite tendre ses bras, demandant à sa mère de la prendre. Elle est entrée dans la maison, a rangé quelques affaires de notre fille dans le sac, puis l'a prise par la main pour l'emmener. Tenant sa peluche d'une main et la main de sa mère de l'autre, la petite est sortie tout en regardant en arrière pour voir si je les suivais.  

Après quelques pas, elle est revenue m'embrasser. Les larmes aux yeux, je l'ai serrée contre moi. J'ai levé la tête pour regarder ma femme. Elle était toute pâle, le visage émacié, les yeux cernés, elle a dû passer des nuits blanches. Demeurée chez sa mère, que deviendrait ma fille sans son père? Et si elle restait avec moi sans sa mère, qui prendrait soin d'elle? Quand ma femme est retournée prendre la petite pour l'emmener, j'ai attrapé la main de ma fille et sans faire exprès j'ai touché sa main, la main si douce que j'avais serrée en échangeant nos voeux de fidélité éternelle. Avec peine, j'ai dit: "Et si tu restais pour qu'on s'occupe ensemble de notre fille?"

Ses yeux se sont allumés pour s'éteindre immédiatement. J'ai dû repéter la proposition trois fois pour qu'elle laisse tomber le sac et se jette dans mes bras en pleurant.

Il est facile de pardonner mais si difficile d'oublier. Je continuais de souffrir chaque fois que je me rappelais l'histoire, d'autant plus que ma famille ne cessait de me faire des reproches. J'ai vécu dans cet état affligeant pendant un temps assez long. Il m'est arrivé même d'être en crise, croyant ne plus pouvoir supporter. Mais quand je voyais ma fille heureuse, dormir insouciante entre son père d'un côté et sa mère de l'autre, tout se calmait de nouveau. Finalement, ma femme a trouvé un emploi qui lui permet de consacrer plus de temps à sa famille. Maintenant, je connais vraiment le bonheur, nous nous comprenons mieux et nous nous aimons davantage.
http://mdc68-75.thanghanh.com/ThoGuiBan/2005/7/neuCoTheThaThuHayDungCoChap.htm
Source de la photo http://www.magazine-avantages.fr/data/photos/F0/7d8a18f29couple.jpg

 

Pensez-vous à ce passage : "Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ?" Matthieu 18, 33