Dieu va toujours plus loin - Aller aux périphéries

Publié le par jardinier de Dieu

« Aller aux périphéries » : cette expression revient souvent dans les discours du pape François. Elle semble lui tenir à cœur. Mais que veut-il dire par là ? La périphérie, c’est ce qui n’est pas le centre. L’invitation à « aller aux périphéries » pour y porter la bonne nouvelle traduit donc un désir souvent exprimé par le pape François : que l’Eglise se « décentre », qu’elle cesse de ne s’intéresser qu’à elle-même. Il nous invite tous - y compris évêques et prêtres - à libérer du temps et des énergies « pour la mise en œuvre de l’Evangile en vue de la transformation de la société ». Pour cela, chacun doit « sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile ». Entendons sa question dérangeante : « Sommes-nous des chrétiens enfermés dans notre cœur et dans nos églises, des chrétiens de sacristie ? » (audience du 16 octobre 2013).

Pas d'amour sans justice
Les périphéries ne sont pas seulement des lieux, ce sont surtout des personnes : celles qui sont marginalisées, méprisées. Dans Evangelii gaudium (La joie de l’Evangile), le pape invite à écouter leur « cri », comme Dieu lui-même a entendu le cri du peuple opprimé en Egypte. La véritable solidarité, ce n’est pas faire l’aumône, mais « rendre au pauvre ce qui lui revient », conformément au plan de Dieu qui a « destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples » (Vatican II, Gaudium et spes). Pas d’amour sans justice, y compris par la transformation des structures de nos sociétés.

Une église pauvre pour les pauvres
Le pape François insiste, il faut écouter les pauvres, car « ils ont beaucoup à nous enseigner », notamment en ce qui concerne l’expression de la foi : « l’immense majorité des pauvres a une ouverture particulière à la foi ». Voilà pourquoi il ne cesse de répéter qu’il désire « une Eglise pauvre pour les pauvres », une Eglise qui reconnaisse aux pauvres une « place privilégiée ». Le refus de sortir de soi pour aller aux périphéries peut prendre une forme qui stérilise nos efforts : l’habitude, la répétition routinière de ce qui s’est toujours fait. Début septembre, le pape a invité les catéchistes à relire le livre de Jonas, car « il nous enseigne à ne pas avoir peur de sortir de nos schémas pour suivre Dieu, parce que Dieu va toujours plus loin… Dieu est toujours au-delà de nos schémas ! Dieu n’a pas peur des "périphéries" ». Les catéchistes – et nous tous avec ! – sont invités à être créatifs, comme Dieu lui-même est créatif.

P. Christan Mellon, communauté jésuite de Saint-Denis, CERAS - See more at: http://saint-denis.catholique.fr/vie-chretienne/dossiers-quatre-pages/les-peripheriques-de-leglise#sthash.yZ4lXE9K.dpuf

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