Les mots de l'Avent : L' Humanité - L'enfance est le commencement de l'humanité

Publié le par Jardinier de Dieu

Nous allons vers la fête de Noël, dans ce temps de préparation nous pouvons essayer de rafraîchir le sens de certains mots, pour se disposer à recevoir, à rencontrer…Aujourd'hui, le mot : L'HUMANITE

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Que signifie l’humanité ? Selon la foi chrétienne, les récits de la Genèse 2 (la Création de l’homme) sont au fondement de notre humanité. Nous pouvons lire la définition du mot « humanité » dans le dictionnaire Larousse  en ligne :

  •  Ensemble des êtres humains, considéré parfois comme un être collectif ou une entité morale : Évolution de l'humanité. Agir par amour de l'humanité.
  •  Disposition à la compréhension, à la compassion envers ses semblables, qui porte à aider ceux qui en ont besoin : Traiter quelqu'un avec humanité.
  •  Littéraire. Ensemble des caractères par lesquels un être vivant appartient à l'espèce humaine, ou se distingue des autres espèces animales : Un forcené qui a perdu toute apparence d'humanité.

Jean-Jacques Rousseau, menait une vie d’indépendance, dans son œuvre « du contrat sociale, I, 4-1762 » a abordé la liberté de l’humanité : « Renoncer à sa liberté, c'est renoncer aux droits de l'humanité. »


Jules Michelet a achevé sa « Bible de l’humanité » en 1864. Avec sa belle œuvre, Michelet prétendait rejeter dans la « nuit » la tradition judéo-chrétienne et occulter la Bible en lui opposant ses propres valeurs. Voici quelques versets de cette Bible concernant l’humanité :

  •  Cette humanité dépose incessamment son âme en une bible commune. Chaque grand peuple y écrit son verset  (p. I)
  •  Rien de négatif dans ce livre. Il n’est qu’un fil vivant, la trame universelle qu’ont ourdie nos aïeux de leur pensée et de leur cœur. Nous la continuons sans nous rendre compte, et notre âme y sera demain. (p.III)
  •  Ce qui m'a percé le cœur, c'est la longue résignation, la douceur, la patience, c'est l'effort que l'humanité  fit pour aimer ce monde de haine et de malédiction sous lequel on l'accablait. (La bible de l’humanité, p. 478)

On raconte qu’un jour, les gens ont posé une question à Dalaï Lama : « Qu’est-ce qui vous surprend le plus dans l’humanité » ? Il a répondu : « Les hommes… Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent… Ensuite ils perdent cet argent pour retrouver la santé… Et à penser anxieusement au futur, ils en oublient le présent… De telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… Et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu ! »


Oui, l’être humain doit mourir. Theodor W. Adorno (1903-1969), philosophe, sociologue, compositeur et musicologue allemand, a dit : « l'humanité projette inconsciemment son désir de survivre dans la chimère des choses jamais connues, mais cette chimère ressemble à la mort »


Et Michelet, toujours dans son oeuvre "Bible de l'humanité", est allé plus loin en parlant de la fin de l’humanité : « Des choses terribles qu'on disait et ne disait pas, que l'on faisait entendre. La fin du monde d'abord, la mort universelle, suprême catastrophe qui emporterait à la fois nos vies et nos souillures, cette immense nausée, nous délivrerait de nous-mêmes. Elle a pâli pourtant. Elle veut et ne veut pas mourir, Elle est prête de demander grâce. Il (Dieu) la tient (p.426) »


Puis, nous, les baptisés, entendons de maintes fois les paroles du livre « Apocalypse » de St Jean. L’Apocalypse est pourtant une excellente nouvelle ! Il faut se défaire de ces représentations fausses qui voudraient qu’Apocalypse soit synonyme de punition, destruction, catastrophe. Non ! l’Apocalypse est une Révélation : celle de l’amour inconditionnel de Dieu qui se bat aux côtés des hommes contre toutes les formes de mal qui avilissent l’humanité. Le combat est là ! Contre le mal et non contre l’homme ! (P. Sébastien Antoni, assomptionniste, novembre 2012 – Croire)


Si nous revenons au livre « la Bible de l’humanité », nous découvrons que Michelet apporte quand même aux lecteurs un bel espoir qui existe au bout  du chemin tortueux de l’humanité : « Le monde, en mourant, ne meurt pas. Un âge passe, un âge vient. L'Égypte, 'l'Étrurie, n'eurent pas d'autre mystère au fond de leurs tombeaux. Le circulus (1) des choses, le chœur des  heures du monde, dans sa ronde éternelle, de mille ans en mille ans, ramènent le couchant et l'aurore. Une vivante aurore va venir, recommencer tout. L'aube blanchit déjà, le mystère s'accomplit, et le berceau est prêt. Attendons le divin enfant.  (p.p. 426-427) »


Aujourd’hui, dans la foi, nous attendons la venue du divin enfant.


Regardons ensemble le « beau tableau » dessiné par Maurice Zundel, suisse, un prêtre de notre temps,  un grand témoin de la Présence : « Dans le sein de la Vierge Marie, une humanité nouvelle a fleuri. Dans le sein de Marie, l’Éternelle Trinité a suscité cette nouvelle création d’une humanité si transparente à Dieu que le vrai Visage de Dieu a pu enfin se faire jour en elle. » (Maurice Zundel, Marie, tendresse de Dieu)

 

Enfin, « L'enfance est le commencement de l'humanité. » (P. Henri-Dominique Lacordaire, Conférence de Notre-Dame de Paris, 17 - 1835)

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(1) cercle

Jardinier de Dieu

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