Les pauvres sont l'Eglise

Publié le par Jardinier de Dieu

Nous sommes en Carême, beaucoup marchent vers Pâques, selon leur propre chemin, les catéchumènes en premier lieu, mais aussi les pauvres, les personnes du Quart Monde. Nous convergeons vers le Seigneur, nous nous rapprochons  des uns et des autres. Recevons la parole vigoureuse et honnête du Père Joseph. Elle nous appelle au partage et à la sainteté.

Le Jardinier de Dieu 

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Nous, les croyants, les privilégiés, savons que tout amour humain trouve son achèvement en Dieu. Que Dieu peut tout et qu’à cause de Jésus-Christ, notre amour, notre foi, notre espérance peuvent tout. Et nous  savons aussi que Jésus s’est identifié d’abord à la foi des humbles, à l’espérance des plus petits, à la charité des plus pauvres. Et qui oserait contester aux familles sous-prolétariennes de notre temps cette qualification des humbles, des plus petits, des plus pauvres ? Qui oserait prétendre qu’ils ne sont pas ces hommes et ces femmes qui ont faim, qui sont nus, qui sont en prison, qui souffrent de l’injustice et dont le Christ a dit : « Ce que vous leur aurez fait, c’est à moi que vous l’aurez fait ? » […] dans cette perspective et avec la volonté que les plus pauvres aillent devant, les chrétiens peuvent s’engager dans les combats politiques sociaux, syndicaux de leur choix. La justice de Dieu n’est pas seulement pour un au-delà que nous  ne pouvons qu’espérer. Il veut que nous  bâtissions la justice et la paix, l’unité entre les hommes dans notre monde et dans notre temps. Jésus-Christ n’est pas un -politique. Il s’est fait le plus pauvre, frère des plus humiliés, et il nous a enjoint de le suivre dans la foule des misérables : « Allez dans les ruelles, allez dans les chemins creux au-delà de la ville… Allez annoncer aux plus pauvres la Bonne Nouvelle qu’ils sont bienheureux ». C’est un projet social, politique, culturel et spirituel complet que nous  propose le Seigneur. Une politique et un programme non pas de l’aide, de l’assistance ou de la  bienfaisance, mais de la magnificence pratiquée envers les plus démunis.

 
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C’est au nom d’une justice qu’ils sont les premiers à instaurer dans le monde, que Jésus nous  propose de donner notre vie. Non pas de la donner un peu ou à moitié, mais de l’offrir jusqu’au bout. Le Fils de Dieu a donné sa vie pour tous les hommes mais en s’engageant d’abord  pour les plus exclus : les lépreux, les possédés réfugiés dans les grottes, les paralytiques, les plus faibles parmi les estropiés, l’aveugle mendiant aux portes du Temple. C’était cela la magnificence de Dieu qui renversait et renversera encore la justice du monde.

P. Joseph Wresinski "Les pauvres, rencontre du vrai Dieu" (Le Cerf, 2005, pour la nouvelle édition) http://www.zenit.org/article-30429?l=french

photo 1:

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