Lire la Bible en liberté

Publié le par Jardinier de Dieu

Lire la Bible parce que nous sommes requis

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Peu de temps est donné à l’homme, dans son voyage, pour s’orienter a travers un pays dont il n’a qu’une carte très sommaire. Où vont les lettres, où va l’écriture ? Aucun être humain ne pourra s’enfermer avec les livres assez longtemps pour répondre a cette question scientifiquement ! Heureusement, les messages parlent d’autant plus fort qu’ils s’adressent en nous, non à ce qui doit savoir, mais à ce qui doit décider. Nous ne sommes pas autorisés à répondre, mais nous en sommes requis.

Paul BEAUCHAMP, L’un et l’autre Testament, 2. Accomplir les Ecritures, Paris, Seuil, 1990, p. 98.

Lire la Bible telle quelle

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Notre désir de « comprendre » les textes ne cesse de buter sur l’infini des échos, autrement dit sur le bégaiement que ces mêmes textes produisent. Je crois avoir saisi, à force de lire les Ecritures, que l’une des difficultés majeures que nous rencontrons tous en les ouvrant vient d’une confusion sur la nature même du Livre qui les recueille. A force d’exiger de lui ce qu’il ne peut nous donner : une parole claire et définitive sur ce que devrait être notre agir, par exemple, ou une perspective cohérente sur le Dieu qu’il révèle, le Livre de la Bible nous parait obscur. C’est alors que nous oublions cette évidence qu’on a presque honte de rappeler, à savoir que la Bible nous devance, qu’elle nous est donnée d’abord pour être lue, lue telle quelle, avec ses incohérences, ses répétitions, ses contradictions. Il ne faudrait donc pas s’étonner de l’étonnement que tout cela produit : le désordre, l’inquiétude et la jubilation accompagnent nos lectures de la Bible. Lire la Bible est un exercice d’une rigueur inouïe qui consiste à oublier dans un premier temps, même pour les pages archi-connues, les commentaires entendus maintes fois dans les catéchèses et les prédications. En cela, si l’on veut bien me permettre d’anticiper, il se pourrait que les poètes nous soient d’un précieux secours. Leurs lectures des Ecritures (je parle évidemment des poètes qui ne se contentent pas de rimer un commentaire convenu) procèdent d’une très grande liberté.

Lucien NOULLEZ Bible et Poésie Collectanea Cisterciensia 64 (2002) 150-164

Publié dans Miettes ignaciennes