Lc 12, 39-48 Parabole de l'intendant fidèle

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Mercredi (29ème semaine du temps ordinaire B) - Garder en éveil ... 

Luc 12, 39-48 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. À qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. » 

- Acclamons la Parole de Dieu

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Une bonne nouvelle qui rejoint chacun dans son aujourd’hui, une bonne nouvelle qui est à chaque fois d’actualité parce qu’elle vient inquiéter notre manière d’être actuelle qui que nous soyons. Elle nous appelle à vérifier que nous sommes bien dans la dynamique de la vie, que nous ne sommes pas installés mais en mouvement, en attente, en éveil…

Comment pouvons-nous le faire ? Comment pouvons-nous être dans cette attitude ? En prenant en compte notre position véritable. Nous ne sommes jamais seuls mais entre deux, entre le Seigneur et nos frères… Nous avons à écouter et à faire en fonction de notre écoute. Nous avons à considérer que notre position n’est pas de soi mais qu’elle s’inscrit bien dans une invitation jadis reçue mais qui demeure comme invitation… Je ne suis jamais vraiment seul, fermé sur ma situation. Si je suis marié, c’est que mon conjoint m’a reçu et que j’ai des obligations envers lui (ou elle)… Si je suis prêtre, c’est qu’un évêque m’a ordonné et m’a confié une responsabilité dans son diocèse… Si je suis employé, c’est qu’un patron m’a engagé et me confie une tâche… Si je suis élève, j’ai été admis dans une école et que je me forme pour obtenir une qualification, un diplôme… Si je suis dans une maison de retraite, j’y ai été admis et je dois respecter le règlement de l’institution… Nous pourrions continuer nos exemples et trouver qu’à chaque fois je suis à ma vraie place si je considère que là où je suis, je suis d’abord en relation avec d’autres, que ma position prend sa source dans une relation de service, d’être avec l’autre… Ce travail patient de réflexion me donne de ne pas m’enfermer dans mon moi.

Alors dans cette perspective, il peut être bon de veiller à célébrer de bon cœur cela. Certes, la célébration ne va pas automatiquement induire la juste attitude mais elle peut grandement y aider, d’où l’importance de toutes les fêtes où se manifestent tous ces liens qui agissent, qui me situent justement : les anniversaires, les pots qui relient, font sortir de soi, donnent de réaliser que je ne suis pas seul, mais en devenir, attendu, espéré… Et dans ces célébrations, il y a pour nous chrétiens la pratique de la liturgie, et notamment la messe du dimanche, où ensemble nous faisons mémoire de la résurrection du Seigneur. C’est une grande aide pour donner le sens véritable à notre vie. Benoît XVI attire à juste titre notre attention sur l’importance extrême de l’acte liturgique pour nous donner de rester éveiller. Nous pouvons aussi réaliser que là, c’est aussi le Seigneur qui nous porte, c’est le corps ecclésial qui précède chacun, qui aide chacun à être à sa juste place, à être serviteur parmi les serviteurs… Nous ne pouvons être sans la relation à autrui… Tenons-y comme à la prunelle de nos yeux… Je ne suis que précédé, le réaliser, en vivre donne d’être dans la juste attitude.

père Jean-Luc Fabre