Lc 17,5-10 nous sommes des serviteurs quelconques

Publié le par père Jean-Luc Fabre

(Merci de cliquer sur :  la version 2013 - Homélie 02/10/16 - Nous sommes des simples instruments)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,5-10.

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait».

«Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. 'Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. '»

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graines moutarde

 

 

Le chemin vers Jérusalem continue, la conversion des disciples est à l’œuvre. Les diverses sollicitations, changements de contexte intérieur pour ceux qui suivent Jésus opérés par le biais des paraboles, amènent les apôtres à demander, aujourd’hui, à Jésus d’augmenter en eux la foi. « Augmente en nous la foi ! » Ils sentent que la sollicitation qui leur est faite ne peut aboutir que par une augmentation de foi, de confiance pour répondre, être, au niveau où se situe la demande… Ils ne voient pas non plus comment pouvoir le faire sans Lui… Ils s’adressent à Lui… 

Jésus leur répond : «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.» Comment entendre cette réponse ? Au sens strict, et nous rentrons alors dans un impossible, avec le sentiment d’une incapacité notoire en nous : je n’ai pas cette capacité à transporter les arbres… Ou bien nous l’entendons comme une image concernant ce qui se joue dans le cœur de chacun, dans la liberté de chacun… Il est peut-être, dans ce cas, judicieux de se souvenir que la mer est, pour les juifs, la zone du mal, que l’arbre est le symbole du juste comme nous le rappelle le Psaume 1 « le juste est comme un arbre planté au bord du ruisseau »… L’image dirait donc que le bien, le juste, peut se loger par la foi là où le mal règne et s’y tenir vivant… en triompher. Jésus continue ainsi à faire foi en la foi de ses apôtres. Il est celui qui ne cesse de dire (et de rendre possible aussi) « Ta foi t’a sauvé ». Le dialogue exigeant entre Jésus et ses apôtres ainsi se poursuit. Jésus veut la foi en ses disciples, leur foi… Il va les en rendre capable, nous en rendre capable... Le chemin continue.  Jésus le rouvre pour que les apôtres deviennent…

Mais Jésus ouvre dans le même mouvement, un nouveau registre, celui de l’humilité : « Lequel d’entre vous…». La morale de cette histoire est celle-ci: ‘quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. ' Comment chacun de nous se situe-t-il devant la réussite, l’obtention de ce qu’il a demandé ?… Le chemin continue… Allons…

 

 

  Père Jean-Luc Fabre