Mt 21, 28-32 Goûter le prix d'une vraie demande ...

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.  

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.”
Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

 

'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne'. Une parole de demande lance les deux frères dans la vie, leur donne mission, leur confère responsabilité, capacité de répondre. Chacun peut se dire : « Je suis en relation étroite avec celui qui m’envoie, je suis son enfant et il m’envoie à sa vigne. Il me confère ainsi une vraie responsabilité pour quelque chose qui compte pour lui, comme moi-même, de fait, je compte pour lui ». Du neuf et du significatif doivent en découler. Je suis vraiment appelé et attendu. De par la responsabilité donnée, ma liberté peut se manifester, prendre ainsi conscience d’elle-même en se confrontant au monde… Je puis répondre. 
'Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla’ le premier fils éprouve ainsi que sa liberté est vraiment libre, elle peut osciller, changer, s’éprouver… je puis répondre vraiment à partir de moi, de mon existence vécue, de ce qui naît en moi… La demande toutefois ne s’impose pas à moi, mais elle reste ouverte, en attente de ma réponse. Le monde se manifeste alors comme si tout le reste se trouvait ordonné à ma réponse. Moi aussi, je puis apporter ma part de contribution, avec modestie et contrition. Mais je sais que ma réponse a du prix, elle marque quelque chose dans les relations. Par là, un nouveau monde se constitue dont je fais partie, modestement avec d’autres mais réellement. A travers mes errements, je fais encore plus l’expérience d’être situé, d’être en relations, de pouvoir devenir à partir d’elles.  J’entre dans la joie de la réponse véritable. Je vis avec Lui. 
« Même après avoir vu cela » Apprendre des autres, se laisser toucher par ce que les autres vivent, c’est la place des chefs des prêtres et des anciens dans le récit évangélique mais aussi, plus profondément, celle du lecteur, la mienne… Croire à ce que disent les autres, se mettre en mouvement à partir du témoignage de ceux que d’autres ont vécu. L’enjeu de notre vie aujourd’hui. Faire confiance à l’expérience vécue des autres, à la parole des autres.

Père Jean-Luc Fabre, source de la photo http://viecontemplative.saintefamille.fr/2011/07/27/la-onzieme-heure/ 

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