Mc 1, 21-28 Jésus enseigne avec autorité et guérit un possédé

Publié le par pèreJean-Luc

Mardi (1ère semaine du Temps ordinaire)

Faire les choses intérieurement, cela seul compte... et pour cela prendre le temps.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri. Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Arcabas 093 2Ces illustrations figurent le combat entre les deux esprits... Vous pouvez admirer les œuvres d’Arcabas en l'église de Saint-Hugues-de-Chartreuse sur le site http://www.alain-gagne.fr/Voyages/Arcabas/ 

photo 1 : Arcabas le songe de Joseph
photo 2 : Arcabas la troisième tentation

Arcabas 102 2

 

 

 

 

 

 

Dans ce passge d'Evangile, il nous est donée de découvrir profondément la manière de Jésus. Comprendre comment il vient porter remède à notre situation humaine ... Son action est suivie par certains pour être comprise en prodonfeur, tel est le rôle de ses disciples, eux qu'il a choisi au tout début de son ministère. Par ailleurs, son action dès son premier déploiement s'affronte à la condition humaine, celle d'être tourmentée par un esprit mauvais. Son action nous appelle à cheminer nous-même, tout spécialement dans notre manière de considérer les choses. 

« Accompagné de ses disciples » Le combat sans préliminaire a déjà commencé, le combat entre la découverte dans la durée et l’effet dans l’instant... Jésus fait nettement le choix de la révélation dans la durée, en appelant des hommes à le suivre, pas à pas, pour être toujours avec lui, témoins de son action, de sa manière. Il signifie, par là, que la compréhension de son action prendra du temps, que la signification n’est pas immédiate. Pourquoi cela ? Parce que notre manière de voir, de comprendre ce qui nous apparaît extérieur à nous est marquée profondément par notre manière de nous concevoir nous-mêmes. C’est pour cela que l’Evangile dure si longtemps, les disciples ont besoin de tout ce temps pour comprendre qui est Jésus, ce qu’il fait, ce qui compte pour lui. Accéder à la signification requiert une évolution en notre être, demande une conversion de notre manière de penser, de voir, de comprendre. C’est à cette aune-là que tout doit être jugé. Cela demande une durée. Dès lors les forces d’opposition à ce mouvement de révélation vont chercher à mettre des bâtons dans les roues à l’accès à la signification véritable en accélérant le mouvement pour le brouiller... Ces forces espèrent ainsi rendre impossible l’accession à la signification parce que tout va trop vite...

« Un homme tourmenté par un esprit mauvais », c’est la situation normale de l’homme en ce monde, de tout homme. Nous sommes, chacun de nous, tourmentés par un esprit mauvais qui sommeille dans la maîtrise qu’il a de notre existence. Il nous tient le plus souvent par pas grand-chose. Que quelqu’un de plus fort vienne et le combat renaît tout aussitôt. C’est un peu comme lorsque le dentiste vient travailler la dent malade. Le pic qui porte remède réveille fortement et l’infection et la douleur... Ici, la défense de l’esprit mauvais consiste à faire du bruit, à inquiéter. En revanche, l’attaque du Seigneur consiste à rendre la personne à elle-même, à lui redonner de pouvoir agir à partir de sa propre liberté. Le Seigneur pourra alors s’adresser à cette liberté nouvellement libérée... pour une union véritable. Dans un cas, la réaction à l’attaque est instantanée et momentanée, dans l’autre retrouver la liberté pleine demande du temps, un cheminement... Car la liberté, pour être guérie vraiment et capable de s’offrir, doit accéder à la reconnaissance à travers un vrai cheminement. Celui auquel nous convie l’Evangile en son entier.

« Qu'est-ce que cela veut dire ? » Nous sommes donc appelés à ne pas juger trop vite, à prendre le temps de recevoir, de comprendre, de voir, de revenir... de réaliser qu’une parole m’est adressée, qu’à travers ce qui m’arrive autre chose m’est dit pour que je puisse cheminer moi-même, à partir des mes capacités dont j’use librement. Peser les choses, pour les apprécier à leur juste valeur. Oui Jésus parle avec autorité, oui Jésus agit avec force... mais encore, il ne me demande pas tout de suite de prendre parti... Le chemin que Jésus propose est le vrai chemin par lequel je me dispose à pouvoir lui répondre vraiment. Le Seigneur ne s’offusquera pas d’une réponse lente si elle est approfondie. Il a bien parlé du temps à prendre avant de construire une tour, d’entreprendre une guerre... Le Seigneur est fiable, il est là, patient, prenons le temps d’aller à lui avec tout notre être vraiment rassemblé.

Au cours de cette semaine, prenons le temps de laisser venir, de considérer ce temps ordinaire qui s’offre pour que nous avancions dans la connaissance du Seigneur... Lui demander d’aller pas à pas vers Lui, avec toute notre humanité.

 

  père Jean-Luc