Mc 1, 40-45 Reconnaissance de tout le bienfait reçu

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.

En ce temps là, un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris.

applaudissement

Chaque événement que je déclenche est comme une boule d’énergie qui va percuter les autres êtres ainsi que d’autres parties de moi-même. Toutes les choses en ce monde sont reliées... Aussi, agir de façon responsable demande d’accepter d’envisager et de subir les conséquences de l’acte que je pose. Notre Seigneur nous donne ici un bel exemple de son attitude de vie. Il veut notre guérison, il en connaît le prix, il s’avance, il en portera toutes les conséquences. Par cela, il nous sauvera et nous rendra libres comme Lui, capables d’être responsables à notre tour. Loué soit-il !
« Cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle » Comment retenir sa joie celle qui nous possède ? Je pense que chacun de nous, a été témoin de personnes à qui une bonne nouvelle est arrivée. Peut-être même l’avons-nous vécu pour nous-mêmes : résultat scolaire, sortie de maladie, obtention d’un emploi, d’une promotion, reconnaissance amoureuse. Lorsqu’une bonne nouvelle arrive à la personne, tout change en elle, en recevant cet excès que constitue la joie. La personne se transforme, elle se met à communiquer, une énergie émane d’elle... Il est donc normal que ce lépreux qui peut de nouveau communiquer, entrer en relations avec les autres, ait soif de le faire, de renouer avec les autres. N’était-ce pas ce dont il manquait cruellement auparavant à cause de sa maladie considérée comme source d’impureté par son peuple ? Et  pourtant il n’a pas pris en compte la demande que le Seigneur lui adressait alors même qu’il le guérissait...

« Ta guérison sera pour les gens un témoignage » Jésus s’adresse à cet homme qui vient de recouvrer la santé, en passe de récupérer sa pleine capacité à renouer avec ses semblables. Jésus fait appel à sa liberté, il le situe à sa vraie place, comme membre actif d’un collectif, appelé, là où il est, à un acte responsable. Ce à quoi tout être humain, où qu’il soit, quoiqu’il fasse ou subisse, est appelé. A travers ce qui m’arrive, ma liberté se joue, liberté en relation avec toutes les autres libertés humaines. Aussi, sur ce cas, nous pouvons comprendre combien un ostracisme, une mise à l’écart, comme ce qu’a subit le lépreux, est aussi maladie du corps social dans son organisation, des autres... Dès lors, ma pleine guérison, demande qu’elle soit aussi guérison pour le corps social, pour l’autre, parce que l’autre était impliqué dans la gestion de ma maladie aussi... Le Seigneur appelle toute liberté à la générosité, appelant toute liberté restaurée à grandir davantage, à aimer davantage, à se donner pour les autres, à s’ouvrir à la responsabilité envers les autres. C’est ainsi qu’advient le Royaume des Cieux.

« Je le veux, sois purifié » Jésus ne se dérobe pas, il répond à la demande, mais cette demande est enchâssée, pour lui, dans un contexte bien plus large que le simple échange avec le lépreux. Jésus considère la place de cet homme dans sa communauté, ainsi que sa place à lui, Jésus, dans cette communauté. Jésus répond et assume ce que cette guérison va produire, pour l’homme, pour lui, pour tous. Jésus appelle chacun à vivre au niveau de tous, comme lui-même vit, pour la « multitude ». Nous pouvons aussi comprendre combien, faisant ainsi, Jésus remet en cause profondément la manière dont chacun occupe sa place sociale... combien cette remise en cause lève contre lui d’inimitiés... combien aussi la vraie Vie attire. « Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui ».

Le lépreux aurait pu le dire. Nous-mêmes, nous pouvons le dire : « C’était donc Toi, qui portais les conséquences de ma guérison, de ma liberté, tous les débordements qui allaient en découler et dont je n’avais pas conscience. Je le réalise maintenant. En mon cœur naît une grande reconnaissance envers Toi. Je Te réponds humblement. Tu me voulais à ce point libre... bien au-delà de ce que j’attendais, espérais... Je m’offre à cette vie, à cette situation qui me vient, pour vivre comme Toi-même, tu as vécu. Donne-moi de percevoir la juste mesure des choses, aide-moi à être responsable, solidaire... Amen ! ».

 père Jean-Luc Fabre

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