Mc 12, 28b-34 Quand les gens sont d’accord…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Marc 12, 28b-34

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements  ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

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« Jésus-Christ c’est Dieu qui se passionne pour l’homme dans un homme qui se passionne pour Dieu »

André Manaranche. 

Répondre en peu de mots, aller à l’essentiel, avoir un orient pour tenir son cap, manifester ainsi un équilibre, retourner la situation par la force de la vérité nue et sans armes, il y a bien tout cela dans ce passage d’évangile. Nous avançons vers le terme de l’année liturgique. Laissons retentir en nous cette parole de Jésus qui nous rejoint dans notre quotidien, nous sommes loin de Noël ou de Pâques, de ces moments où le mystère de Dieu se révèle par les actes mêmes de Jésus, aujourd’hui nous sommes dans ce quotidien… Et dans ce quotidien, la vérité se manifeste pourtant, étincelante, dans la parole offerte et elle transforme celui qui la reçoit.

« Jésus lui fit cette réponse » Jésus répond librement, il ne donnera pas un principe mais deux. il dit ce qu’il pense, ce qu’il croit… Il nous ouvre aussi à la raison profonde de son existence. Lui le Fils venu parmi nous n’a d‘autre désir que de rendre concret, incarné le dessein de Dieu. L’amour n’est pas l’amour s’il n’essaie pas de se réaliser par tout ce qui s’offre à lui. Jésus répond donc à la question de cet homme, il dit le profond du sens du premier commandement. Lorsque nous aimons un Dieu qui aime l’homme, nous ne pouvons aimer Dieu sans aimer notre prochain… La réponse de Jésus en découle, elle rejoint l’homme qui l’a questionné. Il atteste de la vérité du Christ.

« Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » La réponse de Jésus touche juste dans le cœur de cet homme, dans le cœur de tout homme, parce que nous sommes créés, traversés, emportés par cette dynamique. D’une manière symbolique le corps de l’homme debout manifeste qu’il est tourné vers le Père du Ciel et ses bras qui le relient aux autres, ses frères de la Terre, et ces bras lui donnent la forme d’une croix qui manifeste le lien profond entre ces deux dimensions… Jésus peut donc accueillir, en retour, la réponse de cet homme, son frère.

« Et personne n'osait plus l'interroger » Mais là un silence surgit, chacun sent que Jésus parle vrai parce qu’il parle aussi de ce que chacun en son cœur éprouve… Les ennemis perçoivent la justesse de ce que dit, de ce que vit Jésus… Cela n’empêchera pas la violence de se répandre… Mais le cœur de chacun lui reste mystérieusement ouvert. La foi pourra naître dans l’ennemi… « Triomphe jusqu’au cœur de l’ennemi » disait le psaume. Voilà la victoire de notre Dieu, non pas anéantir mais donner à celui qui s’opposait de revenir à lui de tout son cœur… Cela ne peut se faire sans des témoins authentiques qui attestent par leur vie et leur mort de la vérité de ce que Dieu dit, à la suite de Jésus.

N’ayons pas peur d’avancer, Jésus nous parle du cœur même de notre humanité, sa parole trouve en nous sa capacité de réponse, nous sommes créés pour lui, pour le recevoir, être habités par son Esprit, vivre de sa vie… Il ne nous est pas demandé autre chose que d’être nous-mêmes dans l’appel reçu et mis en œuvre !

père Jean-Luc Fabre