Mc 2, 1-12 Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi

Publié le par Jacquie

Vendredi (1ère semaine du temps ordinaire)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,1-12.
Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison. Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

 paralytique.jpg « Un paralysé porté par quatre hommes » Cette scène est très émouvante où se déploie la solidarité entre les êtres. Être paralysé, perdre son autonomie physique, être dépendant des autres. C’est pénible pour l’handicapé lui-même ainsi que pour son entourage. En 1998, après une chute, je n’ai plus senti mes jambes. Terrible sensation ! Mais est-ce que l’on se rend compte facilement aussi de la paralysie de l’âme ou de celle du cœur ? Quand colère, jalousie voire haine et désir de vengeance envahissent l’ âme, tout cela enferme le cœur dans le mal, et l’homme devient indifférent face à la misère du prochain …

Dans son message pour le carême 2012, le St Père Benoît XVI fait un rappel sur le danger d’avoir le cœur endurci qui rend aveugles aux souffrances des autres. «Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes» ?(He 10, 24). … Aujourd’hui … Dieu nous demande d’être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d’instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l’autre et à tout son bien. Le grand commandement de l’amour du prochain exige et sollicite d’être conscients d’avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d’être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre cœur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu’aujourd’hui le monde souffre surtout d’un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (Lett. enc. Populorum progressio [26 mars 1967], n. 66).
Comment pouvons-nous être guéris de cette paralysie ? Comment rétablir la fraternité entre les êtres et entre les peuples ?bethesda.jpg
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés » La foi chrétienne nous apprend que c’est le péché qui détruit la fraternité. Le péché a mené Caïn à tuer son frère Abel. Aujourd’hui, le Seigneur veut nous pardonner et il veut rétablir la relation entre lui et nous ainsi que celles entre nous. Savons-nous que le pardon est un acte risqué, créateur, et libérateur ? Notre Seigneur Jésus  avait été poursuivi, calomnié, bafoué, méprisé, ridiculisé, condamné et mourrait comme un criminel et un blasphémateur. Mais il a pardonné, il pardonneEn  pardonnant, Jésus espère que la logique de mort dont il fut la victime n’aura pas le dernier mot. Son pardon ouvre la possibilité d’un avenir , et cet avenir est déjà inscrit dans la réalité de la résurrection. (SIBIDE, 1974. La rencontre de Jésus Christ en milieu Bambara. Editions Beauchesne, p. 266) Que nous nous laissions pardonner et tranformer sans cesse par la miséricorde de Dieu !
« Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi » Le Seigneur nous pardonne, nous ordonne de nous lever. Que nous devenions des êtres responsables et non des assistés !  Chacun, chacune de nous rentre chez soi pour vivre en profondeur avec ses proches, avec son entourage en construisant, à frais nouveaux, des liens fraternels.

(Jacquie revu par JLF)

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