Mc 2, 13-17 Jésus appelle un publicain et tous les pécheurs

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Samedi (1ère semaine du temps ordinaire)

Mc 2, 13-17 En ce temps là, Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait. En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde. Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Tout homme est pris dans sa situation. Pour accéder au salut, il se doit de redéfinir son rapport à celle-ci, un travail qui lui incombe et que personne d’autre que lui ne peut réaliser. Il se doit de quitter la position qui l’enferme pour pouvoir jaillir lui-même… Le Seigneur nous accompagne mais il ne fait à notre place, c’est notre liberté enchâssée dans la sienne qui le fait. Cette parole de l’évangile nous aide à le comprendre, à le vivre.

« Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain » Un homme assis, c’est quoi ? C’est un homme pris par la situation qui le maintient à une place, une identité qui se prend, peu à peu, de cette place, qui se réduit à cette place, puis viennent le nombre, l’imposition, la gestion, la réduction, l’affaissement de l’être, une filiation qui s’effiloche, qui se perd, une fonction qui grandit, un être qui s’étiole. La situation de Lévi, la nôtre aussi… Comme la statue, je deviens blanc, figé… mort-vivant.

« L'homme se leva et le suivit » Prendre la mesure de la dimension prodigieuse d’un homme qui se lève, qui se tient debout, qui se déplace, qui reprend possession d’un monde, de son monde, qu’il fait avec lui avancer. Une dignité qui donne de pouvoir suivre un autre, s’en remettre à un autre avec distinction. Une seigneurie seule peut reconnaître une autre, une liberté une autre. L’avenir s’engendre de la relation qui s’instaure entre les deux. Il y a de la place pour d’autres…

« Appeler non pas les justes, mais les pécheurs » Le pécheur aspire à vivre autrement, il laisse en lui ouvert une béance, une possibilité de devenir, le juste est d’une manière ou d’une autre satisfait de sa situation présente. Le pécheur pardonné donne à la joie de s’incarner, de se célébrer, il désire rencontrer d’autres sur son chemin renouvelé de la vie, de la vie qui l’appelle et qui en appelle bien d’autres…

Au terme de cette prière, je m’adresse à Toi, Seigneur, et je te demande la grâce que là où je suis avec ceux qui sont mes frères je vive pleinement, en me levant, en me tenant dans ma situation, en me reliant avec les autres, pour marcher avec Toi sur les chemins de la vie, de la vie pour tous…

Photo 1 http://www.eclats-de-mots.fr/wp-content/uploads/2012/12/DSC_04212.jpg ; photo équestre : merci Jérémie ; photo 3 : merci à son auteur.

père Jean-Luc Fabre