Mc 6, 1-6 Jésus chez les siens

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Mercredi (4ème semaine du temps ordinaire)

Mc 6, 1-6 Reconnaître l’épreuve, ne pas se laisser couler par elle, 

trouver les moyens de continuer à exister. 

Marc 6, 1-6 En ce temps là, Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient : « D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à cause de lui. Jésus leur disait : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Il s'étonna de leur manque de foi. Alors il parcourait les villages d'alentour en enseignant.

Il faut lire attentivement le passage de l’évangile avant de lire mon commentaire. Je reprends le principe du triangle (« ce que je veux », ce que je veux », « ce qui s’impose à moi ») et le carré magique que j’utilise souvent pour présenter mes commentaires. Ici, dans ce passage de l’Evangile, l’attitude du Seigneur et la réaction des gens peuvent être illustrées par l’union du « triangle » et du « carré magique » :

Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent

 

« ce que je veux»

Jésus s'étonna de leur manque de foi.

« D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »

« ce qui s’impose à moi »

Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle …
Alors il parcourait les villages d'alentour en enseignant.
 

« Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »

« ce que je peux »

 

 

 

 

 

 

 

Les relations entre êtres humains sont très fluctuantes. Elles peuvent s’orienter facilement dans un sens ou dans l’autre. Ici, nous allons voir comment le blocage chez les auditeurs de Jésus va le bloquer lui-même dans la situation. Il ne trouvera qu’une certaine échappatoire pour rester vivant, en allant à l’alentour… en attente d’une confrontation incontournable avec ceux qu’il doit rencontrer en vérité.

« À cause de lui » Jésus parle, s’exprime, les autres ne peuvent concevoir qu’il puisse ainsi faire, parce qu’ils pensent qu’ils le connaissent. Cela est donc impossible à leurs yeux, même si l’évidence contraire leur crève les yeux… Ces personnes sont prises fortement par ce constat, elles sont choquées. Cette réaction excessive aurait dû les alerter, leur donner de se méfier de leur jugement… Le pôle du « ce qui s’impose à moi » est là dans ce refus des habitants de son pays.

« Là il ne pouvait ». Une vie en vérité ne peut être une vie fermée sur elle-même. Il lui est nécessaire de communiquer, de s’ouvrir, de donner et de recevoir. Bref, de vivre dans la foi. Jésus vit, il vit ainsi. Il se retrouve, de la sorte, limité, par le refus des autres. Il signe ainsi sa propre qualité d’existence : ne pas pouvoir faire sans l’autre, ne pas sombrer dans la simagrée, le faux spectacle... Sa vie n’est pas une figuration, mais une rencontre. Il situe ce qui lui arrive dans un contexte plus large, celui exploré par les prophètes : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »… Le pôle du « ce que je peux » en est affecté. Son existence est mise en péril… Que va pouvoir faire son pôle « ce que je veux »…

« Alors il parcourait » Jésus continue son chemin, il va plus loin, il rencontre d’autres personnes, il ne se laisse pas annihiler par cet échec, il continue à avancer… Il se maintient ainsi dans la capacité de pouvoir continuer à s’exprimer, à donner, à proposer… Il ne commet envers quiconque aucun irréparable. Patiemment, il continue à nourrir l’arbre stérile… Le pôle du « ce que je veux » trouve moyen de remobiliser le pôle « ce que je peux » vers un nouvel horizon, en attente de la rencontre décisive.

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Dans l’épreuve,
nous avons à continuer
à maintenir ouverte notre fenêtre
en nous-mêmes et envers autrui.

Dans les difficultés relationnelles (ou les conflits),
ne soyons pas ceux qui baissent les bras le premier,
Imitions Notre Seigneur.

père Jean-Luc Fabre

Merci aux auteurs des photos