Mc 8, 33 Passe derrière moi, Satan

Publié le par Jardinier de Dieu

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Dans  l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus explique à ses disciples qu’il devra «partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter» (Mt 16, 21 ; Mc 8, 31). Tout semble se renverser dans le cœur des disciples ! Comment se peut-il que «le Christ, le Fils du Dieu vivant» (v. 16), puisse souffrir jusqu’à la mort? L’apôtre Pierre se rebelle, il n’accepte pas ce chemin, il prend la parole et dit au Maître: «Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas» (Mt 16, 22 ; Mc 8, 36b). La divergence entre le dessein d’amour du Père, qui va jusqu’au don de son Fils unique sur la croix pour sauver l’humanité, et les attentes, les désirs, les projets des disciples, apparaît évidente. Et ce contraste se répète aujourd’hui encore: quand la réalisation de la vie n’est orientée que vers le succès social, le bien-être physique et économique, on ne raisonne plus selon Dieu, mais selon les hommes (Mt 16, 23 ; Mc 8, 33c). Penser selon le monde, c’est mettre Dieu de côté, ne pas accepter son projet d’amour, presque l’empêcher d’accomplir sa sage volonté. C’est pourquoi Jésus s’adresse à Pierre à travers des paroles particulièrement dures: «Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route» (ibid. ; Mc 88, 33b). Le Seigneur enseigne que «le chemin des disciples est de le suivre, [marcher derrière Lui] Lui, le Crucifié. Dans les trois Evangiles, il explique cependant cette suite, sous le signe de la croix, comme le chemin de la “perte de soi-même”, nécessaire pour l’homme et sans lequel il ne lui est pas possible de se trouver lui-même» (Jésus de Nazareth, 2007). 

Jésus nous adresse cette invitation, comme à ses disciples: «Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu’il se renie lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive» (Mt 16, 24 ; Mc 8, 34). Le chrétien suit le Seigneur lorsqu’il accepte sa croix avec amour — ce qui apparaît comme une défaite aux yeux du monde, et une «perte de sa vie» (Mt 16, 25-26 ; Mc 8, 35) —, tout en sachant qu’on ne la porte pas seul, mais avec Jésus, en suivant le même chemin de don de soi que lui. Le serviteur de Dieu Paul VI écrit: «Mystérieusement, pour déraciner du cœur de l’homme le péché de présomption, et manifester au Père une obéissance totale et filiale, le Christ lui-même accepte… de mourir sur une croix» (Ex. ap. Gaudete in Domino [9 mai 1975], AAS 67, [1975], 300-301). En acceptant volontairement la mort, Jésus porte la croix de tous les hommes et devient source de salut pour toute l’humanité...

Benoit XVI http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/angelus/2011/documents/hf_ben-xvi_ang_20110828_fr.html

photo http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2005/Vaderetro.jpg