Vacances : mettre son corps au repos

Publié le par Jardinier de Dieu

Et si une fois dans l'année, nous mettions aussi notre corps au repos ? Le P. Michel Rondet, nous invite à découvrir qu'alors, le corps se révèle riche de potentialités spirituelles. 

Soumis toute l'année à des rythmes qui ne sont pas les siens, étourdi de bruits, malmené par la malbouffe, stressé par le manque de sommeil notre corps aspire à retrouver sa liberté, son harmonie, sa beauté. Dieu, qui nous l'a confié, attend de nous que nous en prenions enfin un vrai souci. Et ce peut bien être là notre premier devoir de vacances. Une tâche qui demandera attention et délicatesse et qui, loin de nous replier sur un souci narcissique, nous ouvrira à des relations ouvertes et franches. À condition bien sûr de ne pas substituer un stress à un autre, en soumettant notre corps à un rythme de loisirs effrénés dominés par le souci de la performance. 

bonne vacances

Dans notre corps, toute notre personne 

Commençons par écouter notre corps et  par le laisser vivre, respirer, dormir, bouger, à son rythme. Tel qu'il est, il est le don de Dieu qui nous personnalise et nous situe dans le monde, comme le corps de Jésus né de Marie a incarné le Verbe de Dieu dans notre histoire. Nous ne pouvons pas imaginer que Jésus n'ait pas aimé ce corps qui allait lui permettre d'exprimer son amour pour le Père et pour ses frères. C'est à travers lui qu'il a pu traduire sa tendresse reconnaissante pour Marie et pour Joseph, son affection pour le disciple qu'il aimait, pour Marthe, Marie, Lazare et tant d'autres, sa sollicitude attentive pour les foules sans bergers. Alors sachons, nous aussi, aimer et reconnaître ce don de Dieu qui nous donne un visage parmi nos frères. François d'Assise, au terme de sa vie, se reprochait comme une faute grave d'avoir méprisé ce don de Dieu.

Notre corps nous situe dans l'espace et dans le temps à la place où nous sommes appelés à grandir. N'oublions pas que notre croissance humaine se réalise à travers lui. Si nous voulons profiter de ce temps de vacances pour devenir plus homme ou femme, tout ce que nous ferons pour l'assouplir, le fortifier, l'harmoniser nous aidera à nous sentir responsables de nous-mêmes et de notre progrès humain. En accueillant et en épanouissant notre corps, c'est notre personnalité tout entière que nous engageons sur une voie de progrès. Sachons le faire avec sagesse et constance. 

La place du corps dans la prière 

Ce corps, que nous considérons souvent sous le seul angle de la santé ou des jouissances que nous pouvons en tirer, se révèle riche de potentialités spirituelles. Il peut, par exemple, devenir l'allié de notre prière. Nous avons du mal à fixer notre esprit, à maintenir un regard contemplatif sur une scène évangélique : laissons notre corps nous apaiser.

Demandons-lui à travers une attitude calme, détendue, un rythme respiratoire contrôlé, de nous rassembler, de nous unifier dans l'accueil de la Parole de Dieu. Il n'est pas une tradition spirituelle qui n'ait souligné cette place du corps dans la prière. Profitons de ce temps de vacances pour le convoquer à y participer, nous en mesurerons vite les bienfaits. La véritable intériorité commence avec le recueillement du corps.

Enfin et surtout, c'est à travers notre corps que nous entrons en relation les uns avec les autres. Nous sommes d'abord pour eux, et réciproquement, ce visage, cette silhouette, cette intonation de voix… C'est à cela que nous nous reconnaissons et nos échanges les plus intimes passent par des gestes corporels. C'est à notre corps qu'est confiée l'expression de ce qui nous révèle le plus profondément, l'affection, la tendresse, la compassion, mais aussi parfois, hélas, l'indifférence, la haine ou le mépris. Anonymat des corps entassés qui ne communiquent pas, laideur des corps défigurés par la violence qui contrastent avec la beauté d'un sourire, la grâce d'un geste de tendresse. C'est un devoir de charité que d'essayer d'être aimable, d'offrir aux autres un visage accueillant, une attitude simple, décontractée, et cela s'éduque. Il y a en nous des raideurs, des brusqueries qui traduisent des peurs ou des agressivités que notre corps peut nous aider à reconnaître et à surmonter. Un temps de natation souple et paisible pourra nous aider à dissoudre bien des tensions ! 

Lieu de la présence aux autres 

N'oublions pas non plus que notre corps est promis à la résurrection. Pas notre organisme biologique qui connaîtra la corruption, mais notre corps relationnel, cette part de notre personnalité qui s'est construite à travers nos liens avec la nature et avec la communauté des hommes. Ce visage corporel de notre condition humaine a vocation d'éternité. Il est appelé dès aujourd'hui à devenir « corps spirituel », comme dit saint Paul. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'expérience que les témoins de la résurrection de Jésus ont faite de la présence du Christ ressuscité peut nous aider à le pressentir. Le Jésus qui se manifeste à eux n'est pas un esprit, c'est l'homme qu'ils ont connu et son corps porte les marques de leur histoire commune, mais sa présence n'est plus soumise aux contraintes de l'espace et du temps. Elle est universelle, son incarnation a enfin atteint son terme. Mort pour tous, il est vivant pour tous et son corps transfiguré le manifeste. Il peut être présent à tous d'une manière à la fois personnelle et universelle. Il peut être la Tête de ce Corps qu'est l'Église, l'humanité sauvée, qu'il peut présenter  au Père comme accomplissement de son œuvre. Bien sûr, nous ne sommes pas le Christ et notre existence n'a pas cette portée universelle, mais, membres de son Corps, nous sommes présents les uns aux autres dans la communion des saints.

Notre corps spirituel est le lieu de cette présence, il la rend personnelle, porteuse de toute l'histoire que nous avons vécue et des liens que nous avons tissés. Il est le prolongement transfiguré de notre corps terrestre, libéré de sa finitude et de ses contraintes. C'est dire que nous sommes appelés à préparer dès maintenant notre corps de résurrection. Nous le ferons en privilégiant dans nos projets de vacances ce que le Christ pourra venir diviniser en nous : des relations simples, vraies, fraternelles et tout ce qui les exprime.

Profitons de ce temps de repos pour éduquer notre corps à devenir agréable aux autres à travers un sourire accueillant, un regard bienveillant, une voix harmonieuse, des gestes d'affection et de tendresse respectueux et vrais. C'est autre chose que de se construire un corps athlétique aux performances remarquées, c'est viser un autre épanouissement qui, lui, aura valeur d'éternité.

source http://www.croire.com/Themes/Vie-chretienne/Vacances/Mettre-son-corps-au-repos

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