Mt 10, 17-22 Croire en Lui ne peut pas avoir de conséquences sur nous…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Matthieu 10, 17-22

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Méfiez-vous des hommes :
ils vous livreront aux tribunaux
et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois
à cause de moi :
il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera,
ne vous inquiétez pas
de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz :
ce que vous aurez à dire
vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez,
c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort,
et le père, son enfant ;
les enfants se dresseront contre leurs parents
et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ;
mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin,
celui-là sera sauvé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Cet évangile est déroutant, plein de tensions dans ce que dit le Seigneur Jésus. Ainsi comment comprendre ce mélange de méfiance envers les hommes et de confiance envers le Père ?… Une piste : reconnaître la situation qui est la nôtre comme disciples du Christ. Nous sommes, par notre foi, de fait, configurés au Christ et mis en tension avec le monde. Notre vie nous la vivons « en son nom » et cette appartenance reconnue ne peut pas ne pas avoir de conséquences concrètes sur nous et nos relations.

« Méfiez-vous des hommes ». Remarquons d’abord que la méfiance n’est pas la défiance. La méfiance, c’est une attitude prudente mais pas un « a priori » négatif. Cela peut arriver que cela se passe mal mais cela n’est pas obligé. Il y a, toutefois, de fait, comme une pesanteur, une tendance à ce que cela se passe mal… Tout cela à cause du Seigneur. Il est venu en ce monde en vérité et en douceur. Il n’a pas été reçu par ce monde, car le monde se construit en dehors de lui. Le monde ne peut que se fermer à lui avec violence car il met à mal le monde et sa suffisance, en lui demandant de s’ouvrir à Celui qui nous donne la Vie. Tout ce qui se vit à ce moment par ce croyant avec le représentant du monde débouchera sur un témoignage, le témoignage de ce chrétien, enchâssé dans celui du Christ. Et de fait, les informations d’hier ont été pleines de cas où des chrétiens ont été persécutés, voire tués à cause de leur foi envers le Seigneur, au Nigeria, en Syrie, en Chine ou ailleurs encore, et même en France où les propos envers nous sont souvent bien négatifs, injustes comme par exemple ceux de Madame Duflot. Mais est-ce que cette méfiance va entrainer des actions de précautions, des mesures de sécurité. Non, car par là s’ouvre le champ du témoignage.

« A cette heure-là ». Une expérience est proposée, nous est proposée, celle d’être porté, soutenu par sa présence. Son esprit parlera en nous, Un esprit qui manifeste l’ouverture de notre être à Celui qui nous donne la vie, à la réalité de ce que nous vivons en profondeur lorsque nous nous disons chrétiens. Être du Christ ne peut que mettre à mal nos plus proches. Nous faisons une expérience en contradiction flagrante avec ce qu’ils expérimentent eux, nous leur sommes comme étrangers alors que par tout le reste nous sommes comme eux, avec eux, si proche d’eux… La réaction violente est signe de cette contradiction sous-jacente. Révélation de ce qui est en profondeur : être ou non en sa vie avec le Christ… De manière feutrée, combien le temps de Noël est tension dans les familles entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Les confessions reçues à Paris la semaine dernière m’ont révélé cet état massif… Souvent les croyants ne se sentent pas reconnus, et soufrent profondément de ne pouvoir partager leur foi avec leurs proches qui les méprisent en ce point.

 « A cause de mon nom » La bonne nouvelle en tout cela, c’est que nous sommes en fait embarqués dans une relation bien plus étroite, bien plus profonde que nous le pensions avec le Seigneur Jésus. Sa manière d’être, de faire, de vivre transpire en nous. Cela nous conforme à son exemple. Cela reporte une hostilité envers Lui sur nous. Nous réalisons alors que notre vie, de fait, nous ne la vivons pas comme cela, mais véritablement « en son nom »… Que ce qui inaugure chacune de nos célébrations, le signe de la Croix, « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… », enveloppe bien plus profondément notre être… Réalisons-le ! Soyons en fiers !

Prenons le temps de mesurer comment le Seigneur sans jamais nous forcer imprime en nous sa présence. Sachons la reconnaître, lui en rendre grâce. Vivons encore plus notre quotidien en son Nom dans la joie…

père Jean-Luc Fabre