Mt 12, 1-8 Savoir s’abreuver à toutes les sources de la Vie

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Matthieu 12, 1-8 En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers les champs de blé ; ses disciples eurent faim et ils se mirent à arracher des épis et à les manger. Voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l’offrande ; or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger, mais seulement les prêtres. Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

« Passer à travers les champs de blé » Nos existences ne cessent d’aller d’une situation à l’autre, chacune de ces situations nous apporte son lot d’appels, de sollicitations en tous sens… Ici, le champ de blé apporte de la nourriture disponible, et la faim taraude les estomacs. Les deux conjugués incitent à se nourrir. C’est ce que font ces hommes qui se trouvent être les disciples de Jésus. Mais ce jour est aussi un jour de sabbat, lui aussi fait partie de la situation. Comment recevoir justement la situation, toute la situation avec tous les enjeux qui s’y trouvent ? Voilà une question qui sans cesse nous atteint… Mais la réflexion pour répondre à cette question réclame du temps et de la quiétude. Et là, elle est empêchée par un jugement qui surgit…

« Ce qu’il n’est pas permis de faire » La situation se trouve comme corsetée par des principes, qui disent devoir s’appliquer sans faiblesse. « Il n’est pas permis de… ». Les principes s’appliquent avec toute la force de la mise à l’écart, de la distinction absolue entre un bien et un mal. Mais Jésus entreprend de resituer aussi cet interdit. Il le fait par étapes…en prenant appui sur des moments de l’histoire du Peuple avec notamment la figure du Roi David… A travers ce chemin biblique, un cheminement personnel est proposé à ses opposants. Revenir à la parole de Dieu, et non seulement ce que les hommes en ont retenu…

« Si vous aviez compris ce que signifie » La Bible, comme la situation présente, celle des épis de blé, sont toutes les deux des espaces multiples où il m’est proposé de cheminer, de me laisser instruire, de prendre la mesure des choses qui comptent vraiment… Tout n’est pas sur le même plan, chaque fois, un mouvement est à percevoir, à découvrir, à inventer. Ainsi, un mot qui compte, bien plus que tous les autres, que nous avons à nous approprier en toute traversée biblique, c’est celui de « miséricorde ». Notre cœur est appelé à se laisser toucher, ce n’est pas notre tête qui doit obéir aux principes, c’est notre cœur qui doit découvrir celui qui habite la parole de Dieu. C’est le même qui habite en toutes les situations de nos existences, le même qui chante dans nos liturgies, le même qui inspire nos doctrines qui nous éclairent… Le Fils envoyé par le Père miséricordieux pour notre salut.

Comme jadis pour Bernadette à Lourdes, avec la Dame,  nous sommes invités à boire à ces différentes sources, celle de la parole de Dieu, celle de notre existence, celle de la liturgie, celle du développement doctrinal, à découvrir qu’elles se renvoient toutes les unes aux  autres pour nous guider, nous conduire, nous soutenir dans ce chemin de la vie pour tous, la vie de ce Dieu, qui est miséricorde ruisselantes en toutes ses œuvres…

Père Jean-Luc Fabre

[Source image http://cache.magicmaman.com/data/photo/w800_c18/4h/eau-femme-enceinte1.jpg]