Mt 13, 36-43 Fête de St Ignace

Publié le par père Jean-Luc

 

L’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu Notre Seigneur…

31 juillet fête de la Saint Ignace

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,36-43.

Laissant la foule, Jésus vint à la maison. Ses disciples s'approchèrent et lui dirent : " Explique-nous clairement la parabole de l'ivraie dans le champ." Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !                                  Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ce passage d’évangile nous rejoint le jour où nous fêtons Saint Ignace, lui dont la devise était : « aider les âmes »… Qu’il nous aide à jeter un certain regard sur cette page d’évangile, à y rejoindre la visée du Seigneur…

« Ce n'est pas d'en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l'âme, mais de sentir et de goûter les choses intérieurement ».

Ignace de Loyola Exercices Spirituels n°2

 « Explique-nous clairement » en tout homme il y a cette volonté de comprendre, que les choses lui soient expliquées. Mais Il y a bien des manières de comprendre et donc d’expliquer… On peut comprendre par rapport à la visée des choses, comprendre l’enjeu, il y a aussi la possibilité de comprendre par rapport à comment les choses s’organisent, se structurent, se relient entre elles, comment les choses sont fondées[1]… il y a aussi la possibilité de comprendre à partir de ce que nous avons à faire, à fonctionner, comprendre à partir de l’organisation… A chaque fois, nous développons une manière d’être et de faire, cela induit, chez l’autre, une manière d’expliquer… La demande des disciples sonne comme un impératif envers Jésus… « Dis nous ce que nous devons faire et nous le ferons », la chose semble prise dans un impératif d’action, terriblement opératoire… Jésus les prend là où ils sont. Mais il ne renonce pas à une compréhension plus large comme nous allons le voir en nous attachant à quelques mots…

« Les fils du Royaume » Voilà la première manière pour Jésus de les élever, en parlant des êtres dans leur réalité profonde, essentielle, celle qui constitue chacun bien au-delà de n’importe quel jugement, produit par n’importe quelle action, en les nommant « fils du Royaume »… Notre identité véritable, celle qui constitue chacun de nous. Nous recevons tous notre existence de cette réalité mystérieuse [le Royaume] dans laquelle nous pouvons nous développer et nous mettre à exister, à prendre notre véritable consistance dans la relation avec toutes les autres libertés celle de Dieu, celles des anges, celles de nos frères… C’est la réalité véritable à laquelle nous avons à nous ouvrir et à laquelle nous avons aussi à aider notre frère à s’ouvrir… Comment le faire ? En nous mettant à l’écoute de ce qui vient, en mesurant comment notre vie ne cesse de nous être donnée, en prenant le temps de mesurer ce qui ne cesse de se donner à nous, de naître en nous… en nous mettant à l’écoute, au-delà de notre action, dans une attitude respectueuse envers ce qui vient, envers l’être étonnant que nous sommes, au-delà du faire, et également en écoutant vraiment notre frère, comme jusqu’au bout… Dès lors, nous comprenons l’intimation du Seigneur…

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« Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » Oui que celui qui a des oreilles, entende, au-delà des mots, des demandes, des choses à faire… Qu’il réalise ce qui se passe. Qu’il lui est parlé. Que la réalité est d’elle-même appelante, au-delà de tout ce qu’il pourra faire ou dire, que ce qui compte dans sa vie c’est qu’il est appelé par Quelqu’un et que ce Quelqu’un qui l’appelle, l’appelle par son nom, tout le reste s’ordonne par rapport à cela… Il doit lâcher cette idée qu’il existe par ce qu’il fait. Non, il existe par ce qu’il est appelé, attendu, aimé… Ignace a vécu ce grand mouvement, d’abord en commençant à faire des choses, de grandes choses pour Dieu au début de sa conversion, puis en réalisant que le Seigneur chercher à entrer en relation avec Lui, que ce qui comptait était non pas le fait de faire, de réaliser mais de faire avec le Seigneur en relation avec Lui… et que dès lors ce qui avait du prix, qui donnait paix, joie, amour était l’offrande en relation, de tout son être… dans une réciprocité de pure gratuité…

père Jean-Luc



[1] Certains encore sont heureux en faisant bien…