Mt 13, 44-52 Pour suivre Jésus, réveillons en nous le poète…(27 juillet 2014)

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Les lectures de 17ème dimanche du temps ordinaire (année A)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,44-52.

Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle. Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Avez-vous compris tout cela ? – Oui », lui répondent-ils. Jésus ajouta : « C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

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« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché »… la réalité qui s’offre à nous est malléable, elle n’est pas intangible, figée. Les choses, les êtres peuvent devenir, évoluer, il y a de la surprise, heureuse surprise en ce monde… Ainsi les nuages dans le ciel dessinent la carte de l’Italie pour la jeune fille qui rêve en gardant ses troupeaux dans les champs, « Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait éclose…» dira le poète… Jésus parle d’un monde dans lequel il veut que ses auditeurs puissent entrer et évoluer, un monde nouveau, désirable, le Royaume des cieux... Jésus pour cela doit prendre appui sur l’expérience de ses auditeurs pour leur donner de faire le saut dans l’inconnu et donner à cette réalité d’advenir… ce qui est vrai pour les auditeurs l’est aussi pour nous. Chacun de nous pour être à l’écoute du Seigneur, trouver les moyens de pouvoir lui répondre, comme pour toute autre personne qui s’adresse à nous, doit chercher à garder son âme éveillée, la poésie de son être, renouer avec sa capacité de colorer les mots dont il use… sentir la charge de désir, d’appel en chacun de ses mots… retrouver son âme d’enfant… se disposer pauvrement… s’arrêter… ne pas savoir… flâner… éprouver sa pauvreté…

« Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède » Et soudain, sans savoir pourquoi, un événement a lieu, un choc, un excès, je sens en moi le désir d’aller plus loin, de me laisser entrainer par ce qui advient, je cède à mon désir, avec un mélange de peur et d’attrait, j’invite quelqu’un, je réponds à son invitation, je me risque à répondre à la joie en moi, je lâche ce que j’ai, pour une chose nouvelle pas encore là, j’accepte qu’aujourd’hui tout bascule, entre un « avant » et un « après », je fais une demande incongrue, je prends un nouvel emploi, je sors des sentiers tout tracés, je vis… Je sens ma limite et je la dépasse. Je dis « oui » au devenir...

« C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux » il y a comme deux êtres en moi, l’homme sérieux de chaque jour qui habite ce monde, le gère et le poète qui voit au-delà. Je communique par l’un et l’autre canal, je suis dans ce monde et sa logique, mais je suis aussi tendu vers le nouveau. Je marche le long de la mer, entre connu et inconnu, entre déjà là et pas encore, je donne au Royaume de prendre forme, j’appelle moi aussi mes frères, je marche vers mon Père et Notre Père, avec Jésus…

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