Mt 2,13-18 Le triangle de nos vies… Sachons le respecter…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

28 décembre - Fête des Saints Innocents

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,13-18.

Après le départ des mages à Bethléem, voisi que  l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. Alors Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d'après la date qu'il s'était fait préciser par les mages. Alors s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Jérémie : Un cri s'élève dans Rama, des pleurs et une longue plainte : c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Tout homme, de par sa condition de créature en relation avec l’Autre et les autres, se trouve pris dans un triangle de forces dans lequel il a à évoluer, à inventer son chemin. Les trois sommets sont constitués par le « ce que je veux », le « ce que je peux » et le « ce qui s’impose à moi » qui tout au long de notre existence évoluent, bougent.

La différence de style entre Hérode et Joseph est saisissante. Dans un cas, le triangle est complètement aplati entre un sommet impératif du « ce que je veux » [me maintenir roi] qui débouche sur un « ce que je peux » [exercer le pouvoir sans limite] sans le moindre respect du « ce qui s’impose à moi ». Cela entraine un océan de violences (le massacre des saints innocents), fruit de l’enfermement.

En revanche, recevoir ce qui s’impose à moi est ce qui me donne d’envisager les choses de manière nouvelle... Ainsi, pour Joseph, le « ce que je veux » semble n’être que le porteur du « ce qui s’impose à moi », comme le manifeste sa totale obéissance à ce que lui révèle le songe. Cette attitude débouche, de fait, sur l’ouverture d’un grand nombre de possibles… pour lui et sa famille qui sera sauve en Egypte, pour la révélation du mystère de Dieu à travers l’accomplissement de la promesse de l’Ecriture : « D'Égypte, j'ai appelé mon fils »…

Le développement de la vie humaine passe certes par une période où beaucoup de nos efforts consistent à développer notre « ce que je peux » un peu pour lui-même, réalisons bien toutefois que la vie véritable n’advient que dans la conciliation entre « ce que je veux » et « ce qui s’impose à moi ». Concilier ces deux sommets conduit parfois à la Passion, mais ouvre aussi à la vie véritable… donnant à chacun de vouloir et de pouvoir justement. Heureux travail que cette conciliation, il est travail du Royaume !

Père Jean-Luc Fabre