Mt 22, 34-40 De la filiation à la fraternité, le chemin même de Jésus, qu’Il nous invite à prendre à sa suite…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

26 Octobre, Les lectures de la messe du 30e dimanche du temps ordinaire A
 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-40.

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

  tais-toi.jpg« Fermer la bouche » de l’autre, les relations sont extrêmement tendues, les différentes parties du Peuple Juif sont pleines d’animosité les unes envers les autres mais aussi contre Jésus, lui qui n’est qu’un homme seul, sans pouvoir, fort de sa seule capacité à parler, à répondre. S’attaquer ainsi à un homme seul comme lui, ceci devrait poser question à ses ennemis « Et s’il avait raison, celui qui touche et meut les autres que par la seule force de son verbe et de ses actes »… Jésus reçoit des attaques de tous les côtés et pourtant il ne cesse de répondre, tenant admirablement, parce que son ancrage n’est pas de circonstance mais réside dans la relation essentielle qu’il a avec son Père. Cette relation lui donne de se rapporter à la réalité du moment avec profondeur et d’être pleinement présent à ce qui lui arrive. Cette situation nous donne ainsi de Le connaître en vérité, en ce qui l’anime, en ce qui le fonde… 

Cette nouvelle mise à l’épreuve « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » ne le prend donc aucunement au dépourvu. Jésus répond en nous donnant là aussi une orientation sur la manière que nous pouvons prendre pour avancer en notre propre existence. Dimanche dernier, Jésus nous proposait de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu », ainsi que de « rendre à César ce qui est à César », instaurant une double dimension dans notre manière d’être. Un chemin s’ouvrait pour nous permettre de respecter le réel dans sa complexité. Il y a l’absolu de Dieu qui nous demande d’entrer totalement en relation avec Lui. Il y a aussi tel ou tel élément de la vie des hommes que nous avons à recevoir aussi tout aussi pleinement. A travers la relation avec cet élément, j’avance vers ma propre finalité. 

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Ici aussi, une nouvelle fois, Jésus nous encourage à aimer et honorer notre Origine et notre Avenir, le Seigneur Notre Dieu, Celui qui nous donne tout, Celui qui nous attend vraiment, notre Alpha et notre Oméga. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit »… Mais là aussi, Jésus nous appelle tout autant et dans le même mouvement à être présent à notre existence, à notre frère proche. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’enjeu de notre vie est d’être pleinement fils du Père, nous ne le pouvons en dehors de la réception des relations qui nous constituent, celle évidemment avec Celui qui nous crée mais aussi celle avec celui qui est là, à côté de nous, notre prochain… Dès lors, toute notre vie se ramène à la recherche de l’établissement en vérité de ces deux relations… « Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements.»

CROIX_fleur.jpgPour Celui qui vient accomplir les Ecritures, la résolution de cette tension ne peut pas prendre un autre chemin que celui de la Croix… Se dessine aussi pour chacun de nous également comme une croix entre filiation et fraternité, intériorité et sortie de soi, verticalité et horizontalité… Si parcourir cette croix, tenir en elle, ne peut qu’être crucifiant pour nous, c’est aussi le lieu de notre pleine croissance, de notre surgissement. Jésus, dans cette crise qu’il ne cesse de traverser, nous dit des choses essentielles, dont nous ne pouvons percevoir la profonde vérité que dans la mise en œuvre concrète. N’ayons pas peur d’aller notre chemin ! Que le Seigneur bénisse nos jours en nous donnant la force de L’aimer ainsi que nos frères et nos sœurs proches !

Merci Loanna pour ces images.