Mt 3, 13-17 Le mouvement de la vraie Vie : s’incliner…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

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Les lectures de la messe : Baptême du Seigneur (9/01)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17.

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

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« Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain ». Paraître consiste dans le fait que ce qui n’était pas visible mais existant, se rend visible. Il y a donc, en toute apparition, un effet de puissance, de prise de celui qui se révèle sur celui à qui il se révèle. Cela requiert de veiller à la manière de faire, à se révéler d’une manière caractéristique, en lien profond avec celui que l’on est. Il en va de la vérité de celui qui se révèle, de ce qu’il cherche à communiquer, se sent de communiquer. Il peut donc y avoir une tension entre le fait d’apparaître qui ne peut qu’avoir un effet de puissance, sinon il n’y a pas d’apparition, et le style de l’apparition qui peut chercher à manifester l’humilité, l’abandon, de celui qui se révèle. C’est bien cette tension que nous retrouvons dans cette scène pour Jésus.

« Pour le moment, laisse-moi faire ». Double mouvement si caractéristique de Jésus, une seigneurie et un abandon, mouvement pris dans une parole qui introduit au respect de tous.  Jésus s’impose à celui devant qui il s’humilie, il s’incline, il s’abandonne mais il lui parle, lui demande son consentement. Il est le Roi, le Serviteur… Ce mouvement parlé d’humiliation volontaire nous révèle l’amour qui se manifeste ainsi librement en s’abandonnant à l’autre. Ce double mouvement ira jusqu’au bout, il ne peut s’authentifier que par le don total, qui demande, pour être juste, d’être parlé. Aussi, au Baptême, la scène inaugurale de la vie publique de Jésus, tout est déjà là, condensé, du drame de la révélation du mystère de Dieu en Jésus Christ qui ira jusqu’à sa mort, le don total de lui-même dans l’abandon sur la Croix et son explicitation, sa remise, dans l’institution de l’Eucharistie.

« Une voix disait ». Le Père, lui-même, répond au mouvement du Fils, il le conforte, en entrant lui aussi dans le mouvement que le Fils inaugure, dans sa manière de répondre au Père, en son Nom. La Trinité se donne ainsi à nous, nous donne accès à elle. L’Esprit agit.

« Les cieux s'ouvrirent ». Ce mouvement d’abandon, de dialogue, entre les personnes de la Trinité produit des voies de communication nouvelle dans le cœur des hommes. En nos vies, ce dialogue ne cesse de murmurer. L’entendre peut donner de rencontrer le Mystère de Dieu. Dieu est présent dans ce qui se donne, dans le mouvement du don. Découvrons combien la Vie se multiplie si nous donnons passage à notre tour.

Père Jean-Luc Fabre

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