Mt 6, 1-6.16-18 L'enjeu de ce carême

Publié le par père Jean-Luc Fabre

MERCREDI DES CENDRES

L’enjeu de ce carême  : s’ouvrir vraiment au nouveau en nos vies, aller alors vers l’autre...
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le carême revient... Prenons, en ce mercredi des cendres, la mesure de ce qui s’offre en profondeur à nous durant ces quarante jours. Cherchons une nouvelle fois ce chemin de sainteté, en sachant bien que la démarche de chacun aide celles de tous les autres. Voilà bien la solidarité à laquelle nous appelle tout particulièrement Benoît XVI dans son message pour le carême 2012.

« Comme les disciples s'étaient rassemblés » Une situation nouvelle s’offrent à ces hommes et ces femmes, ils sont là, ensemble, ils se sont rassemblés, en relation avec Jésus, ils sont « autour de Jésus sur la Montagne ». Mais ils demeurent aussi dans ce qu’ils connaissent déjà que trop : l’épaisseur de leur vie de tous les jours, en interactions parfois pesantes avec les autres, tout en étant aussi dans le silence de leur propre monde intérieur. Comment pourrait-il en être autrement ? Nous ne pouvons pas éviter de vivre notre vie à partir de la situation où nous sommes, elle s’impose à nous, tout comme notre réflexion intérieure personnelle parfois lancinante... Ce qui s’offre à chacun de nous, c’est le choix de changer sa manière de la vivre dans la situation telle qu’elle est... Après, bien d’autres choses peuvent, il est vrai, devenir possibles...

Mais comment vivre ce premier changement vraiment ? N’avons-nous pas si souvent vu nos tentatives échouées, nos efforts n’ont-ils pas débouché sur aucun résultat... cela avait été le cas aussi pour ceux qui sont montés à la suite de Jésus sur la Montagne. Mais, aujourd’hui, croyons le : une autre personne leur parle, s’adresse à eux, une autre personne nous parle, s’adresse à nous. Les disciples en attendent sincèrement du nouveau, ils partagent cette attente commune. Nous-mêmes nous pouvons nous ouvrir d’une manière renouvelée à la parole du Seigneur. De fait, Jésus leur indiquera surtout une nouvelle attitude, qui consiste en un double mouvement : aller vers le secret, fuir le regard des autres... En ce carême 2012, qui doit être riche de toute notre vie passée, il s’agit de découvrir les vraies sources de notre identité... Notre identité de fond est celle qui naît dans le secret de la relation avec Dieu et non dans ce qui s’initie à partir de ce qu’impose le poids des autres sur nous...

 

« Devant les hommes » C’est un mouvement de déprise, de retrait, ne plus chercher sa « gloire », ne plus chercher à être considéré, ne plus penser dans ce que je fais à l’impact en termes d’images... nous sommes loin d’une démarche de campagne électorale, nourrie par les sondages incessants... d’une campagne publicitaire... Faire les choses pour elles-mêmes, retrouver l’authenticité des gestes, celui du jeun, de la prière, du partage... Se moquer comme d’une guigne de l’effet produit, être dans ce que je fais, en relation avec celui pour qui je le fais... découvrir alors cette belle solitude qui va me recomposer, me redynamiser...

« Dans le secret » La vie sourd là, dans ce qui ne fait pas de bruit... entre le Seigneur et moi, se noue cette intimité qui me donnera d’avancer, de pouvoir changer... de pouvoir Le suivre... Oui d’abord fuir le regard des autres, le jugement des autres, m’adresser à Lui, tout en me concentrant sur mon action... retrouver la manière d’être de mon enfance... De là peut naître en moi une vraie parole qui pourra aider mon prochain, je puis lui parler vraiment, parce que je lui parle à partir de mon expérience, de mon étoffe d’homme, de mon écorce humaine qui naît de mon courage à faire face, parce que je ne cherche pas son approbation mais que je l’appelle à la liberté que je découvre moi-même...

Père Jean-Luc Fabre

video http://vimeo.com/27920977 

photo http://images.blog-24.com/1080000/1079000/1078671.jpg