Mt 9, 14-17 Vieilles outres et vin nouveau

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Samedi (13 ème dimanche du temps ordinaire)

Et voici que je fais toute chose nouvelle

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,14-17.

En ce temps là, les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. « Et personne ne pose une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et la déchirure s'agrandit. » Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

Cette parole d’Evangile nous rejoint à l’aube de l’été, du départ de beaucoup en vacances. C’est aussi le moment pour beaucoup d’un changement de situation, de résidence… Cela est vrai pour tous les âges de la vie, de la personne âgée qui va en maison de retraite, du professionnel qui suit son emploi et doit déménager, de l’étudiant dans son cursus, des jeunes époux qui inaugurent leur vie commune… Quelle est donc la bonne nouvelle que nous adresse le Seigneur à travers ce passage d’Evangile ?

Le Seigneur nous dit que l’homme dans sa progression passe par des étapes. Il y a la période première où nous sommes en contact, puis une période seconde où nous ne sommes plus en contact, l’une porte la présence et la joie, l’autre le manque et la pénitence… les deux sont nécessaires pour que surgisse la nouveauté en nous… une capacité à vivre autrement, en recevant différemment, en donnant différemment. Un peu comme le vin et l’outre… Tout doit changer en nous la manière d’entendre, d’écouter, et celle de parler et de répondre… Cela ne peut se faire en dehors d’une durée, d’un temps rythmé par la présence et par l’absence, à travers cela nous sommes renouvelés véritablement… Nous entendons une vraie parole et nous pouvons lui répondre vraiment… Ce cheminement nous rend capables de parler en vérité, nous ne sommes pas pris dans le plein de la présence qui ne nous rendrait pas libres, mais dépendants. Nous avons aussi su quitter la perte et le désespoir du manque. Nous avons souffert et nous avons refusé de sombrer dans le non-sens et nous sommes capables de recevoir autrement la parole qui nous est adressée, nous entrons alors dans la promesse de celui qui s’adressait à notre liberté… Nous entrons en gratuité.

Fort de cette parole de Dieu, avant de plonger au cœur de l’été, peut-être pouvons nous alors nous rapporter autrement à notre vie, considérer autrement ce qui nous est arrivé, discerner à travers les réussites et les échecs, à travers les pleins et les creux, cette parole qui nous appelle à entrer dans une vie nouvelle… A travers cela, c’est une connaissance plus profonde, plus vraie, plus gratuite du Mystère de Dieu qui s’offre à nous, heureux hommes sommes-nous d’être riches et pauvres… Alors nous pouvons parler autrement à nos frères, mesurer leurs enfermements, leur offrir la parole susceptible de les libérer… être disciple de Celui qui nous libère en étant et présent et manquant…

père Jean-Luc Fabre

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