Mystère (2e partie)

Publié le par Aumonerie de Purpan (jardinier de Dieu)

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"Mystère" ne signifie donc pas pour moi un domaine "mystérieux" auquel les hommes n'auraient pas accès ici-bas et dont la compréhension serait réservée à "l'au-delà". Il n'évoque pas non plus le domaine du "merveilleux" dont tant d'êtres sont assoiffés. Trompeuse compensation !

"Mystère" signifie pour moi désormais l'aventure secrète d'une lumière qui ne se dévoile qu'à la mesure où je la vis.

C'est donc bien la réalité vécue, si pauvrement que ce soit d'une vérité évangélique qui nous renvoie sa lumière ratifiée par notre vie. Elle devient alors "lumière de vie" et peut éclairer plus avant et notre recherche et notre chemin.

Oserais-je conclure ?

Lorsque le mot "mystère" s'applique à la substance de notre christianisme, il est donc essentiel de le lier indissolublement au mot "vie" qui lui donne sa vraie signification.

Sinon le mystère chrétien, essence de notre religion, n'évoque plus - comme c'est le cas pour beaucoup, même au sein du peuple de Dieu - que la mise en oeuvre de recettes ou de moyens quelque peu magiques destinés à s'assurer un jour le mystérieux droit de passage à une autre vie, dans un autre monde. Je pense à cette fameuse "vie éternelle" où seraient "récompensées" pour toujours nos fidélités humaines à la loi de dieu, et "compensés" éternellement aussi souffrance, échecs, et injustices d'ici-bas.

Associé au mot "vie", le mot "mystère" prend un tout autre sens. Il évoque ce progressif dévoilement d'une lumière que notre intelligence humaine éclairée par Jésus Christ ne peut  entrevoir qu'en la lisant dans le miroir de notre propre vie. Pour l'homme, créé à l'image de Dieu, c'est le secret passage du visible à l'invisible, du fini à l'infini, du  transitoire à l'éternel, à cette autre dimension proposée à la foi et à la fidélité de l'être humain.

Ce passage ne se fait donc pas brusquement à la mort, comme on le croit encore si souvent. Il peut, il doit s'accomplir progressivement tout au long de notre existence, dans la substance de notre être, en sorte que notre mort terrestre soit, en fait, la métamorphose plénière libératrice d'un être à jamais vivant - parce que "christianisé" - rejoignant enfin son principe et sa fin : l'Être éternel.

Ainsi croire, ce n'est pas simplement dire "oui" passivement à certaines vérités qui nous demeurent étrangères. C'est adhérer dans son esprit, dans son coeur et dans sa vie à Celui qui est la Vérité de la Vie, mais aussi la Voie qui y conduit :"viens et suis-moi"

Mais alors comment faire pour suivre ?

Il faut maintenant mettre patiemment nos pas dans les pas de Celui qui nous lance cet appel. Il faut emprunter la route qu'il parcourut, en cheminant nous-mêmes au long des différentes étapes qui jalonnèrent le mystère de sa vie et qui alors le révèlent.

Pour entreprendre cette aventure, l'essentiel est d'être assoiffé d'absolu et, mieux encore, pauvre de coeur. Pour aller jusqu'au terme, il nous faudra être fidèle, patient, persévérant à cheminer dans l'amour parce que saisi par une quête ardente de "connaître" à travers lui Celui qui se révèle alors la Vérité et la Vie.

Celui qui aime est né de Dieu et parvient à la connaisance de Dieu.

Aujourd'hui, prenons résolument la suite de Jésus Christ, Dieu fait homme, homme-Dieu, premier de cordée.

 

Marguerite Ph. HOPPENOT, 1980.

Cette vie qui m'est donnée : la plus haute aventure.

Plon, Paris, p.p.114-115

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