Ne pas mettre la charrue avant les boeufs, même dans la vie spirituelle ...

Publié le par père Jean-Luc

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Vendredi 9 septembre Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.

Jésus s'adressait à la foule en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! Enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

L’enjeu de la vie chrétienne, de la vie religieuse notamment, est bien de pouvoir entrer dans une vraie fraternité avec les autres. Ce passage de l’Evangile nous donne une clef pour y accéder. La fraternité véritable requiert une durée préliminaire de formation « celui qui est bien formé sera comme son maître ». La formation nous donne de devenir comme le maître dans sa capacité à se maîtriser lui-même, à être capable d’user justement de sa liberté dans ses relations, à être ordonné comme le dirait Ignace selon le titre complet des EXERCICES SPIRITUELS « pour se vaincre soi-même et ordonner sa vie sans se décider en raison de quelque affection qui serait désordonnée ». Cela se peut car le Maître Jésus nous introduit à sa dimension filiale ouverte à tous. Elle devient la nôtre également. Dés lors, parce que nous évoluons en nous-même dans notre relation au Père grâce à Jésus, la relation avec l’autre humain change. La relation devient plus juste, respectueuse et, par cela, s’ouvre à la fraternité, peut trouver la juste manière de parler et de se comporter, comme un frère peut faire envers son frère. 

Sachons bien dans quel ordre passe le progrès pour nous… d’abord et avant tout, entrer dans notre dimension filiale, y demeurer par la prière, être en progrès dans cette dimension lorsque nous allons vers l’autre, et alors notre parole, notre attitude sera justement fraternelle envers lui, signe de cette filiation qui nous rassemble, exempte de toute peur ou volonté de domination, capable d’un réel et sincère intérêt, uniquement désireux d’aller avec lui, ensemble, vers Notre Père, capable d’une juste parole. De notre identité filiale revisitée peut surgir notre juste attitude fraternelle. 

Le Saint Père nous indique clairement des conditions susceptibles de développer en chacun de nous cette dimension de fraternité.

Je vous invite aujourd’hui à devenir toujours davantage des familiers de la Parole de Dieu ! Elle nous appelle à l’amour mutuel. Et cet amour se vit de façon très concrète dans le quotidien, c'est-à-dire : prendre avec l’autre le temps d’un vrai dialogue, le respecter, lui pardonner, prier ensemble et les uns pour les autres. Ainsi peut naître et grandir la fraternité que Jésus est venu instaurer au sein des familles, des communautés, des pays. Je confie ce souhait à la Vierge Marie et je vous bénis de grand cœur.Benoît XVI à la prière de l'angélus, depuis le palais apostolique de Castel Gandolfo. Dimanche 4 septembre 2011

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