Nos corps cachent un mystère

Publié le par père Jean-Luc

corps.jpgCe n'est que lorsqu'il reconnaît l'amour originel qui lui a donné la vie que l'homme peut s'accepter, qu'il peut se réconcilier avec la nature et avec le monde. A la création d'Adam suit celle d'Eve. La chair, reçue de Dieu, est appelée à rendre possible l'union d'amour entre l'homme et la femme et à transmettre la vie. Les corps d'Adam et d'Eve apparaissent, avant la chute, en parfaite harmonie. Il y a en eux un langage qu'ils n'ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. Nous comprenons alors que, dans l'amour, l'homme est « recréé ». Incipit vita nova, disait Dante (Vita Nuova, i, 1), la vie de la nouvelle unité des deux en une seule chair. La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre : la beauté intégrale, l'univers de l'autre personne et du « nous » qui naît dans l'union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l'amour ouvre vers Dieu, source de l'amour. L'union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, tant que l'homme et la femme deviennent également un seul esprit. C'est ainsi que s'ouvre un chemin dans lequel le corps nous enseigne la valeur du temps, de la lente maturation dans l'amour. Dans cette lumière, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n'est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l'amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d'engendrer la vie et d'accueillir généreusement la vie nouvelle naissante.

Benoît XVI Discours du 13 mai 30e anniversaire de l'Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille
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