Par la femme, advient la nouveauté au monde

Publié le par père Jean-Luc

Aujourd’hui, la journée mondiale des femmes, l’occasion pour nous de mesurer le rôle qu’elles jouent, « celles qui donnent naissance ». Par elles, la nouveauté ne cesse de se frayer un chemin en ce monde, de donner à ce dernier de changer, de se remettre en route... Eve, la mère de tous les vivants... Voilà l’ancrage éternel et véritable. Il se joue au risque de nos jours pour chacune... et bien des fois, il ne peut s’ouvrir... le chemin du donner naissance semble barré...

Mais cette dimension imprègne l’anatomie de toutes les femmes, anatomie faite aussi bien pour recevoir que pour donner, recevoir l’homme, donner l’enfant. Alors que celle de l’homme, son compagnon, est bien plus faite pour donner que recevoir. Il n’accède à cette dimension du recevoir, qui l’équilibre, que s’il accepte d’être enceint par la femme qui l’aime... de s’abandonner...

Aussi, un seul souhait en ce jour. Que cette dimension première, qu’elle ait pu ou non s’effectuer concrètement, continue à habiter la manière d’être des femmes en toutes les dimensions sociales qu’elles peuvent si légitimement désirer.

Qu’elles prennent place avec cette dimension de leur être, le monde en sera alors plus humain...

Oui qu’elles inventent une nouvelle manière d’être au monde... Elles sont attendues, espérées...

Père Jean-Luc Fabre

Des paroles de sagesse de la part de femmes africaines... http://www.youtube.com/watch?v=SnmbyQ4ZZtk&feature=share (Merci à Marie-Claude d'avoir signalé cette vidéo) 

 

 

En ce mois de mars 2012, l'intention de prière universelle du pape Benoît XVI est pour pour que la contribution des femmes au développement de la société soit pleinement reconnue dans le monde entier, Son intention de prière missionnaire est pour que le Saint-Esprit accorde la persévérance à ceux qui, particulièrement en Asie, sont discriminés, persécutés et mis à mort à cause du nom du Christ.

En mémoire d’une femme ardente Annie Leclerc (1940 2006). Annie Leclerc a tenu la revendication sociale féminine à partir de sa féminité, aidante pour tous, les hommes, les enfants, les vieillards... Quelques citations d’elle ou en relation avec elle...Annie-Leclerc.jpg 

Inventer une parole de femme. Mais pas de femme comme il est dit dans la parole de l'homme ; car celle-là peut bien se fâcher, elle répète. Toute femme qui veut tenir un discours qui lui soit propre ne peut se dérober à cette urgence extraordinaire : inventer la femme. C'est une folie, j'en conviens. Mais c'est la seule raison qui me reste.

Annie Leclerc, Parole de femme, Grasset, Paris 1974. 2001 pour la présente édition ("Babel" n°473, Actes Sud), page 15 et suivantes. 

Selon Annie Leclerc, le monde aurait grand avantage à entendre l’autre partie des humains, les femmes, “pour qu’on s’occupe enfin des choses sérieuses et bonnes, de ces choses dont elles (ont) accumulé depuis la nuit des temps le savoir intime et la pratique, et qui ont trait non à la guerre, à la compétition, au profit, mais à la vie, à sa protection, à sa perpétuation.”

Nancy Huston PASSIONS D’ANNIE LECLERC (p.160). 

Sachant ce que veut le corps je sais que je ne peux identifier l'homme aux signes du pouvoir à l'intérieur desquels il s'exprime. La parole de l'homme n'est pas sa parole, mais une parole déjouée. Et pas plus que rien ne me voue nécessairement au silence dans lequel le pouvoir m'a enfermée, rien ne voue nécessairement l'homme à la parole qu'il profère. De ce que la pratique du pouvoir, l'exercice d'une pensée et d'une parole acquises à la valeur de la négation, la conduite amoureuse selon le schéma conquête - possession, se trouvent ensemble du côté de l'homme, je ne peux rien en conclure que l'homme en général, et rien supposer de la nécessité d'un lien qui l'unirait à ces pratiques. Ce qui reste déterminant, c'est qu'il y a du pouvoir sur fond de puissance déjouée, de la parole sur fond de silence. Que le pouvoir se déplace, change ses réseaux, utilise d'autres circuits, et tout s'en trouve corrélativement modifié : autre parole virile, autre silence féminin ; autre conduite amoureuse, autre saisie de la virilité, autre déni de la féminité. Que la femme parle du lieu où elle était tenue d'être : le silence, et tout s'en trouvera déplacé. Mais qu'il parle lui aussi de ce lieu où il est muet, son corps vivant, amoureux, jouissant, qu'il affirme lui aussi sa puissance contrariée et défaite, et nos deux voix ensemble trouveront à déployer la puissance qui engloutira le pouvoir

Annie Leclerc Epousailles, Editions Grasset (coll. Le Livre de Poche, n°5239), 1976 Pp 17-19

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