Pardon et culpabilisation de soi

Publié le par ULTD & ltd

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Des gens pensent que le pardon aux autres peut avoir une conséquence néfaste sur celui qui pardonne, ce dernier peut aller jusqu’à se tuer même. Pour eux, à moins que ce soit uniquement le pardon à soi-même, l’invitation chrétienne au pardon est donc dangereuse car c’est une invitation à la culpabilisation de soi. Quand Jésus parle de pardon, on comprend qu’il s’agit du pardon aux autres plutôt qu’à soi-même. Toutefois, le pardon aux autres suppose qu’on se sait être aimé et pardonné de Dieu et qu’on est capable de se pardonner. C’est seulement ainsi que le pardon peut être vrai, curatif et irréversible.

Le pardon a pour objet l’offenseur et non l’acte d’offense, qui est toujours à condamner. Le pardon ne consiste donc pas à nier ou oublier la faute de l’offenseur, mais à lui donner une chance pour se relever après la faute commise. Si l’acte d’offense est jugé ainsi comme illégitime, le pardon aux autres ne peut entraîner la culpabilisation de soi. D’ailleurs, si on le considère légitime, on ne peut parler que de sanction et non d’offense, et ainsi, comment peut-on parler de pardon?

Seul Dieu peut pardonner de manière immédiate et inconditionnelle. Pour nous, les humains, il peut être effectivement dangereux de pardonner trop vite et par pure volonté de se conformer à la demande de Dieu ou de se montrer généreux et courageux. Le pardon demande du temps, qui est d’autant plus long qu’on est moins compréhensif envers la nature humaine et moins imprégné de l’esprit de Dieu. Car ce qui peut amener quelqu’un au pardon, que ce soit à soi-même ou aux autres, c’est la capacité de comprendre profondément la misère des humains, dont soi-même, et de regarder ces derniers comme Dieu les regarde, c’est-à-dire avec compassion et miséricorde.

En acceptant de pardonner, on ne doit pas être naïf et exiger un changement immédiat de la nature humaine. Il faut savoir qu’après avoir été pardonné, l’offenseur, comme soi-même d’ailleurs, est toujours capable de refaire continuellement la même faute. Cependant, on sait qu’en pardonnant, on permet un espoir, car le pardon pourra apporter un changement positif, non seulement de celui qui reçoit l’acte de pardon mais aussi de celui qui le fait, ce qui ne pourra jamais arriver s’il n’y a pas de pardon. Ce changement sur le plan humain provoque certainement celui de la situation, qui ne peut que s’améliorer, alors que l’absence de pardon ou la culpabilisation rendent les personnes concernées malheureuses et sans espoir, tout en aggravant la situation.

Le pardon n’est donc pas seulement bénéfique pour celui qui est pardonné mais aussi pour celui qui pardonne. Contrairement à la culpabilisation, le pardon libère le cœur, redonne la vie, permet de vivre dans l’amour, la paix, la joie. Le pardon nous rapproche de Dieu et c’est l’acte le plus noble qu’on puisse poser. C’est un acte créatif qui contribue à faire avancer les choses. C’est un acte divin qu’on peut accomplir seulement en Dieu et avec Dieu.

 

ULTD & ltd

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