Passion Rameaux 2012 (4)

Publié le par Père Jean-Luc

Les premières lumières de l’aube, un jour qui recommence, et une lourde fatigue qui s’impose déjà, la journée sera longue, longue, la rumeur de la

foule, qui se rassemble, qui enfle, qui crie dans un sens dans l’autre, les paroles rauques du romain, de la foule le cri de mort brutal, terrible, puis les vêtements qui tombent par terre et gisent, les coups de fouet sur le dos nu...

« Là où le discours en reste aux mots, la parole engage le corps. » Jacques Lecoq

« Je sais calculer le mouvement des corps pesants, mais pas la folie des foules. » Isaac Newton

jesus-pilate.jpg7 Dès le matin, les chefs des prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le grand conseil. Puis ils enchaînèrent Jésus et l'emmenèrent pour le livrer à Pilate.  Celui-ci l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répond : « C'est toi qui le dis. »  Les chefs des prêtres multipliaient contre lui les accusations. Pilate lui demandait à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu'ils portent contre toi. » Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate s'en étonnait. A chaque fête de Pâque, il relâchait un prisonnier, celui que la foule demandait. Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour avoir tué un homme lors de l'émeute. La foule monta donc, et se mit à demander à Pilate la grâce qu'il accordait d'habitude. Pilate leur répondit : (Il se rendait bien compte que c'était par jalousie que les chefs des prêtres l'avaient livré.) Ces derniers excitèrent la foule à demander plutôt la grâce de Barabbas.  Et comme Pilate reprenait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? », ils crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! » Pilate leur disait : « Qu'a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »  Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas, et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu'il soit crucifié. (Mc 15, 1-15)
Le poids du manteau, les épines qui piquent, les gens tout autour qui tournent, une drôle de farandole, les coups sur la tête qui viennent et reviennent, les premiers, les suivants, les invectives, les regards, qui se durcissent, une étrange connivence entre eux, puis se rhabiller avec un corps gourd de tous les coups reçus, le poids de la croix, la marche difficile avec ce fardeau, le fait de marcher ensuite sans la porter, marcher entouré de soldats... 

« Mon cœur est lourd... mon corps est sourd mes doigts sont gourds... » Anonyme Paroles de détenus

« La misère a ses gestes. Le corps même à la longue prend des habitudes de pauvre. » Edmond et Jules de Goncourt Idées et sensations.
roi-des-juifs.jpg8 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du Prétoire, c'est-à-dire dans le palais du gouverneur. Ils appellent toute la garde,  ils lui mettent un manteau rouge, et lui posent sur la tête une couronne d'épines qu'ils ont tressée. Puis ils se mirent à lui faire des révérences : « Salut, roi des Juifs ! » Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s'agenouillaient pour lui rendre hommage. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge, et lui remirent ses vêtements. et ils réquisitionnent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.(Mc 15, 16-21)

jesusExtrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris  

Père Jean-Luc
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