Partager l'article ! Père Ceyrac, ami des "sans-rien" : une vie pour les autres: Il ne cherchait à convertir personne sinon à une seule chose ...
Ste Trinité : Prière d'ouverture ; Dimanche ; PU 26 mai 2013, Sainte Trinité
PU 26 mai 2013, Sainte Trinité
Prière d'ouverture ; ; Actes des apôtres ; 2e lecture ; Dimanche Pentecôte ; Prière Universelle de la Pentecôte
Le mois de mai, prier avec le Rosaire
« L’amour pour la Madone est une des caractéristiques de la piété populaire qui demande à être valorisée et bien orientée. C’est pour cela que je vous invite à méditer le dernier chapitre de la Constitution du Concile Vatican II sur l’Eglise, Lumen Gentium, qui parle justement de Marie dans le mystère du Christ et de l’Eglise. Là on voit que Marie « avança dans le cheminement de la foi ». Lors de cette Année de la foi je vous laisse cette icône de Marie pèlerine qui suit le Fils Jésus et qui nous précède tous sur le chemin de la foi ».(pape François, 05 mai 2013) …
L’important, c’est la rencontre avec Jésus ...
Réfléchissons : quand nous avons trop confiance en nous-mêmes, nous sommes plus fragiles, plus fragiles. Toujours avec le Seigneur ! Et quand on dit « avec le Seigneur », cela signifie avec l’Eucharistie, avec la Bible, avec la prière… mais aussi en famille, avec notre maman, avec elle aussi, parce c’est elle qui nous amène au Seigneur : elle est notre mère, elle sait tout. Et donc prier aussi la Vierge Marie et lui demander, comme à une maman, qu’elle me rende fort. Voilà ce que je pense de la fragilité, c’est en tous cas mon expérience. Ce qui me rend fort, chaque jour, c’est de prier le chapelet avec la Vierge Marie. Je sens une force très grande parce que je vais à elle et je me sens fort. (pape François, 21/05/13)
Il ne cherchait à convertir personne sinon à une seule chose : à l’amour.
[…] « En menant un combat » non pour le droit de l’homme mais pour le droit d’être un homme, Pierre Ceyrac a contribué à l’évolution de la société indienne durant ces dernières décennies. C’est sous l’angle de l’amour qu’il nous faut aborder son parcours et son action. En 1936, ce jeune jésuite scolastique au sein de la compagnie de Jésus, Pierre, âgé 22 ans, décide de partir en Inde comme missionnaire. Il quittait la France et la Corrèze, son lieu d’attache, en pensant ne jamais revenir. Là, il s’initie à la culture et aux religions de l’Inde, qu’il considère comme autant de « chemins vers Dieu ». Licencié en tamoul et en sanscrit, il est ordonné prêtre en 1945, avant d’être nommé aumônier d’un mouvement d’étudiants catholiques des universités indiennes. Mais quelques années plus tard, « il prend conscience que l’on ne peut philosopher dans les universités quand les gens meurent de faim à côté ». Le Père Ceyrac a besoin de concret. « Dans les combats de ma vie, dira-t-il, j’ai toujours pris garde à ne jamais séparer le combat pour la foi de celui pour la justice et pour les pauvres. Autrement, les actes nient la foi et la foi est stérile »
« Dès lors, suivant les traces du Mahatma Gandhi, qu’il a bien connu, il dénonce le
système des castes et manifeste en faveur des dalits (intouchables). Sous son impulsion, un vaste réseau composé de plus de 10 000 étudiants voit le jour, avec des chantiers humanitaires
destinés à construire des maisons et des villages pour les pauvres et les hébreux vivant sur les trottoirs de Chennai. Pour faire face au problème de l’eau, dans les campagnes, le Père Ceynac
lance l’opération « Mille puits » dans le sud de l’Inde, début du projet « L’aide aux villageois ». Et comme pour démontrer que « là où l’intelligence n’a pas d’accès,
l’amour seul peut donner la clé », Ceyrac et ses amis construisent une « ferme » sur un terrain extrêmement aride et relèvent l’incroyable défi d’y faire pousser des cocotiers. Ce
désert fertile situé à Madamadurai (au sud de Madurai) fera vivre plus de 250 000 personnes, à la fin des années 1970, et deviendra la meilleure ferme productrice de goyave de la
région.
A l’instar de mère Térésa avec laquelle il a travaillé, Pierre Ceyrac donne sans limites. « Aimer, dit-il, c’est donner aux autres avec grand respect, jusqu’à leur offrir sa vie. C’est aussi savoir être tendre. Plus celui que l’on aime est pauvre, plus il faut lui donner de la tendresse. Enfin, pour aimer, il faut toujours penser « nous » et jamais « eux » : il faut savoir faire confiance et responsabiliser jusqu’au bout ».
Par expérience, Pierre Ceyrac sait que le don aux autres nous permet de nous créer nous-même et de connaître la joie véritable. Cet Amour de l’Autre, qui brûle en lui comme un buisson ardent, va continuer à rayonner dans les années 1980, lors de l’arrivée massive de réfugiés cambodgiens à la frontière thaï. Sollicité pour prendre la direction d’une équipe des volontaires, le Père Ceyrac va partager la vie de milliers personnes dans les camps de Thaïlande et du Cambodge pendant 13 ans.
Depuis de retour en Inde, cet « homme pour les autres » a construit, avec l’énergie et l’espérance de ceux qui ont su rêver des rêves avec lui, un centre pour l’opération des enfants poliomyélitiques, une école et un large réseau d’accueil pour les enfants orphelins ou issus de familles très pauvres du sud de l’Inde.
Des leçons de vie, Pierre Ceyrac a tiré quelques-unes au contact des intouchables, des pauvres, des enfants, des réfugiés et des lépreux […]
Tel est, en effet, la façon dont il faut agir. Avec amour, il faut beaucoup d’amour … « Se donner aux autres avec un grand respect jusqu’à leur offrir sa vie en pensant toujours « nous » et jamais « eux » … Sans chercher à accumuler les richesses, ni à faire prévaloir à quelconque l’intérêt personnel … Aimer, se donner, donner, partager … Une belle leçon d’humanisme …
AUXIETRE Jean-Michel, 2012. L’Inde, qu’Il ne faut pas voir : essai. Harmattan, Paris, p.p. 164-166.
Père Ceyrac, figure très discrète, guide pour l'action sociale à Oupalam (Inde) auprès des plus
pauvres, s'est éteint le 30 mai 2012 à Madras, en Inde. La radio Vatican annonçait
sa mort : "Ce jésuite missionnaire français était âgé de 98 ans. Prophète du XXe siècle, connu pour son immense bonté, il a consacré sa vie au service des plus pauvres et à la prière. Il s’est
dépensé pour rendre leur dignité aux dalits, les intouchables. Infatigable, il a créé de nombreuses structures, foyers, écoles, centres médicaux, visant à soulager les détresses. Son objectif
n’était pas de faire grandir l’Église mais de sauver l’homme."