Prière d’ouverture du vendredi après les Cendres

Publié le par père Jean-Luc

 Oraison (vendredi 15/02/2013)

L’enjeu, ne plus faire de l’extérieur mais de l’intérieur, agis par Ton amour…

Que ta bienveillance nous accompagne, Seigneur, durant ces jours de privation, pour que la discipline imposée à nos corps soit vraiment pratiquée avec amour.

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Sachons être disponible et ouvert comme le petit oiseau sur la branche…

Nous avons décidé de nous mettre en chemin, nous sommes donc entrain d’agir. Mais nous le savons, par nous-mêmes, seuls sur nous-mêmes, avec nos seules forces, nous ne pourrons pas aller vers l’endroit où nous désirons aller alors nous nous adressons à Toi, dans les premiers pas de notre marche.

 

Nous avons besoin de ton regard sur nous qui nous aide, un peu comme lorsqu’un père regarde son enfant faire ses premiers pas. Le regard que l’enfant perçoit posé sur lui, l’aide à se lancer dans l’inconnu. Il y a comme un courant d’énergie qui passe de celui qui regarde avec bienveillance vers celui qui demande son soutien…

 

Car l’enjeu, pour nous, n’est pas seulement de faire, d’agir avec un succès extérieur, nous pouvons toujours nous barder de volontarisme. L’enjeu est de vivre cette transformation véritable, cette transformation intérieure qui nous fait évoluer en nous-mêmes. Elle consiste à ce que nous faisons soit animé par la relation, par l’amour. Dès lors les actes posés auront une tout autre valeur. Ils ne seront pas des actes posés par notre volonté propre mais des actes en eux-mêmes ouvertures vers l’Autre.

 

Un ami jésuite m’a coupé les cheveux, mardi dernier. Il le fait depuis plusieurs années, mais il m’a dit que depuis quelques mois sa manière de faire a grandement évolué. Il ne le fait plus d’une manière géométrique extérieure mais comme de l’intérieur, il utilise bien plus les ciseaux, il agit en réponse à ce qu’il perçoit, sent de la chevelure qu’il est entrain de couper… Une amie artiste m’a dit la même chose. Ces personnes n’agissent plus de l’extérieur selon un schéma mental propre mais à partir de ce qui surgit, de ce qui se révèle à eux, dans une nouvelle osmose entre intérieur et extérieur… Voilà l’enjeu du Carême, ne plus faire de l’extérieur mais de l’intérieur, agis par Ton amour…

 

Cette transformation elle nous sera donnée au cœur de nos efforts par Ta grâce. Nous nous disposons à cela par la discipline de notre corps. Sois bienveillant envers nous, accompagne notre effort, donne nous de nous transformer selon Ta volonté d’amour… Oui…

 

Que ta bienveillance nous accompagne, Seigneur, durant ces jours de privation, pour que la discipline imposée à nos corps soit vraiment pratiquée avec amour.

père Jean-Luc

photo : Dominique Pollet - Peinture à l'encre de Chine - Au fil du pinceau

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