Quand l'art est une prière

Publié le par Henriette Rivasseau Sanchez

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Dans la pierre brute, l’artiste sculpte une femme

A l’image de Dieu inventant la Vierge.

Le ciseau du maître façonne un nouveau-né

Comme du Verbe jaillit notre Sauveur.

Ses gestes minutieux dessinent une dame gracieuse ;

De même, notre Seigneur créa Marie, pleine de grâce.

Les doigts habitués expriment la douceur d’un enfançon

Et révèlent l’infinie tendresse du petit Jésus.


 

En travaillant, il invoque Celle qu’il représente :

« Médiatrice de grâce, priez pour nous… ».

Or, le maître, jamais, ne pourra rivaliser avec le Maître.

Son talent, il le tient de Celui qui l’inspire.

Il est beau le don de faire vivre la matière

Au point que Dame et dame se confondent,

Au point que Fils et fils s’unissent…

Qui voit l’œuvre de pierre médite sur l’Œuvre originelle,

Qui voit la femme modelée voit l’Eve nouvelle

Qui voit l’enfant fragile voit le Roi des rois.


 

Nul ne connaîtra jamais le nom de l’artiste

Dont on devine pourtant l’intention.


 

Echo du Magnificat, l’Union de la Mère et du Fils

S’accomplit dans une distance douloureuse.

L’enfant, presque échappé du bras maternel, regarde vers un ailleurs

Qui n’est pas l’horizon de sa mère.

L’âme consentante de Marie le sait qui s’afflige et ne peut rien.

La matrice sacrée donne au monde son Fruit,

Dans la Maternité, déjà, est inscrite la Piéta.


 

Notre Dame du bel Amour tient ferme, sous son juvénile bras,

La Bible qui contient le divin Projet.

Sur le sein fécond palpite le Cœur de notre victoire sur la mort.

Cette mère est notre Mère et, en nous, est l’Enfant.

 

 

Henriette Rivasseau Sanchez

photo : © musée des Augustins, Photo Daniel Martin

Publié dans Notes de poésie