Que devons-nous faire ? Réponses de Jean-Baptiste - Benoit XVI

Publié le par Jardinier de Dieu

déc08 157

L’Evangile de ce dimanche de l’Avent présente à nouveau la figure de Jean Baptiste, et le représentent s’adressant aux personnes qui viennent à lui au fleuve du Jourdain pour se faire baptiser. Puisque Jean, avec des paroles cinglantes, les exhorte tous à se préparer à la venue du Messie, ils lui demandent : « Que devons-nous faire ?» (Lc 3,10.12.14). Ces dialogues sont très intéressants et se révèlent d’une grande actualité.

La première réponse est adressée à la foule en général. Le Baptiste dit : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! » (v. 11). Ici nous pouvons voir un critère de justice, animé par la charité. La justice demande de dépasser le déséquilibre entre celui qui a du superflu et celui qui manque du nécessaire ; la charité pousse à être attentif à l’autre et à aller au-devant de ses besoins, au lieu de trouver des justifications pour défendre ses propres intérêts. Justice et charité ne s’opposent pas, mais sont toutes deux nécessaires et se complètent mutuellement. « L’amour sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste », car «il y aura toujours des situations de nécessité matérielle, pour lesquelles une aide est indispensable, dans le sens d’un amour concret pour le prochain » (Enc. Deus caritas est, 28).

Et puis nous voyons la deuxième réponse, dirigée vers quelques « publicains », c’est-à-dire percepteurs des taxes pour le compte des Romains. Les publicains étaient méprisés pour cela, et pour le fait qu’ils profitaient de leur position pour voler. Le Baptiste ne leur dit pas de changer de métier, mais de ne rien exiger de plus que ce qui a été fixé (cf. v. 13). Le prophète, au nom de Dieu, ne demande pas des gestes exceptionnels, mais avant tout l’accomplissement honnête de son devoir. Le premier pas vers la vie éternelle est toujours l’observance des commandements; en l’occurrence le septième : «Tu ne voleras pas» (cf. Ex 20,15).

La troisième réponse concerne les soldats, une autre catégorie dotée d’un certain pouvoir, et donc tentée d’en abuser. Aux soldats, Jean dit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. » (v. 14). Ici aussi, la conversion commence par l’honnêteté et le respect des autres : une indication qui vaut pour tous, spécialement pour ceux qui ont les plus grandes responsabilités.

En considérant ces dialogues dans leur ensemble, la grande concrétude des paroles de Jean est frappante : étant donné que Dieu second jugera d’après nos oeuvres, c’est là, dans les comportements, qu’il faut manifester que l’on suit sa volonté. C’est pour cela que les indications du Baptiste sont toujours actuelles : dans notre monde si complexe, les choses iraient beaucoup mieux si chacun observait ces règles de conduite. Prions alors le Seigneur, par l’intercession de Marie Très sainte, afin qu’il nous aide à nous préparer à Noël en portant de bons fruits de conversion (cf. Lc 3,8).

source http://www.zenit.org/article-32867?l=french